Oui, ces propositions sont ambitieuses, mais elles sont surtout exigeantes. En effet, la situation politique vous oblige : faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale, elle vous contraint au compromis.
Je conçois que l’exercice soit difficile, quand on sait combien le Président de la République s’est toujours vu en maître des horloges jupitérien. Et puis, disons-le, il n’est jamais agréable de perdre une élection. Il est encore moins agréable d’en perdre deux d’affilée – les élections européennes, puis les élections législatives – pour aboutir, trois mois plus tard, à une censure humiliante.
Il faut se rendre à l’évidence : les Français ont sévèrement sanctionné la politique menée depuis près de huit ans. Vous n’avez pas d’autre choix que de l’infléchir et d’engager enfin un véritable dialogue. Il n’y aura pas de stabilité dans ce pays dans la continuité des politiques menées jusqu’à présent.
Monsieur le Premier ministre, ceux qui vous ont précédé l’ont appris à leurs dépens : s’il y a matière à censurer un gouvernement, alors nous le censurerons. Nos collègues députés l’ont fait sans trembler le 4 décembre dernier.
Je conclus pour de bon (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains, l’orateur ayant dépassé son temps de parole.) : un choix demeure entre vos mains, monsieur le Premier ministre, celui du compromis avec les forces de gauche, arrivées en tête des élections législatives et désireuses de poursuivre avec vous des négociations constructives et exigeantes.
Qu’il n’y ait pas de malentendu : dans l’hypothèse où les conditions seraient réunies pour que nous ne censurions pas votre gouvernement, nous ne vous signerions pas de chèque en blanc. Je l’ai dit, nous restons dans l’opposition. N’en doutez pas, vous nous trouverez sur votre chemin si vous vous attaquez aux acquis sociaux.
Ce sera ma dernière phrase (Brouhaha sur les travées du groupe Les Républicains.) : monsieur le Premier ministre, les conditions de la stabilité de notre pays sont entre vos mains. Donnez-nous de bonnes raisons de ne pas vous censurer ! (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
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