geheim.land Recherche Politique
15 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, c’est la troisième fois depuis un an que nous prenons part à cet exercice de la déclaration de politique générale. Pour nous, sénateurs, c’est même la sixième fois, puisque nous avons droit à double ration : lecture de la déclaration le mardi et explication le mercredi, pour le cas où nous n’aurions pas compris ! (Rires et applaudissements sur les travées des groupes UC, Les Républicains et INDEP et sur des travées des groupes RDPI, RDSE et SER.) Il me semble que nos concitoyens voudraient bien nous voir faire autre chose et sont las de toutes ces palinodies politiques : on peut les comprendre. Vous l’avez souligné, monsieur le Premier ministre, la censure du précédent gouvernement, pour ne parler que d’elle, a affaibli notre pays. Il est faux de dire qu’elle a été sans conséquence. En témoigne l’accord commercial avec le Mercosur, que les autorités européennes cherchent à entériner en profitant de la situation de la France. Les agriculteurs en souffrent également et nous pourrions évoquer bien d’autres domaines, comme la fiscalité. Espérons donc que, cette fois, comme vous le souhaitez ardemment, nous saurons trouver les conditions d’un retour à une forme de stabilité institutionnelle ; nous en avons le plus grand besoin. Voilà qui ne sera pas une mince affaire, car, depuis que les élections législatives de juin dernier ont accouché d’une Assemblée nationale divisée en trois blocs inconciliables, la France apparaît bloquée comme elle ne l’a jamais été sous la Ve République. Le gouvernement de Michel Barnier s’est heurté de plein fouet à cette malheureuse réalité ; je veux à mon tour saluer son engagement. Monsieur le Premier ministre, c’est à vous qu’incombe maintenant la responsabilité d’accomplir cette mission, avec une pression extrême, car, cette fois, il ne s’agit plus d’essayer : nous devons réussir. Autrement dit, nous avons aujourd’hui vis-à-vis du pays une obligation de résultat, et non seulement une obligation de moyens. En effet, comment les Français nous jugeront-ils, nous, parlementaires, si nous nous révélons indéfiniment incapables de trouver des solutions ? C’est la démocratie représentative elle-même qui est en jeu. S’il s’avère impossible de trouver des compromis, nous nous installerons dans l’instabilité et nous n’échapperons pas à une nouvelle dissolution : les Français devront être de nouveau sollicités. La responsabilité ne sera donc plus celle de la droite, du centre ou de la gauche : elle sera celle, collective, des parlementaires, qui auront échoué. Le cas échéant, il est probable que les électeurs se montrent très sévères. Partant de ce constat, le président du groupe Union Centriste ne peut que saluer l’arrivée à Matignon d’un Premier ministre centriste. (M. Jean-Marie Vanlerenberghe applaudit.)
La source — senat_opendata
Pas d'URL publique donnée par la source
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

C’est lutter contre la vie chère ; c’est reprendre le chemin vers l’égalité réelle. Pour sortir Mayotte du chaos et redonner des perspectives à ses habitants, il faudra davantage qu’un plan de reconstruction sur deux ans. En Nouvelle-Calédonie, le dégel du corps électoral à marche forcée a conduit à une situation... Lire ▸
Lesquelles ?
Oui, ces propositions sont ambitieuses, mais elles sont surtout exigeantes. En effet, la situation politique vous oblige : faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale, elle vous contraint au compromis. Je conçois que l’exercice soit difficile, quand on sait combien le Président de la République s’est toujours... Lire ▸
La parole est à M. Hervé Marseille, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC et sur des travées des groupes Les Républicains et INDEP.)
(La prise de parole ci-dessus)
Quelle surprise !
Certains membres éminents et bien connus de notre groupe – Valérie Létard et Françoise Gatel, ici présentes – font partie de votre gouvernement, monsieur le Premier ministre. De nombreux autres sénateurs sont aujourd’hui ministres : nous nous en réjouissons, car cela n’a pas toujours été le cas.
Eh oui !
Nos collègues, nous en avons la conviction, ont les qualités et l’expérience requises pour réussir cet exercice difficile. Votre gouvernement, comme celui de Michel Barnier avant vous, s’appuie sur un socle parlementaire qui, sans disposer d’une majorité absolue, rassemble la plus vaste coalition à l’Assemblée nationale. Lire ▸