Or l’autre conviction qui m’anime est la suivante : dans l’intérêt du pays, nous pouvons trouver des compromis avec la gauche républicaine.
Nous le pouvons d’abord, dans l’ordre des priorités, pour donner à notre pays un budget – la roue de secours qu’est la loi spéciale n’aura qu’un temps. Il nous faut indexer le barème de l’impôt sur le revenu, prolonger le bénéfice de certains avantages fiscaux, permettre l’investissement des collectivités locales, traduire nos engagements pluriannuels en matière de recherche, de justice ou de défense, reconstruire Mayotte et, plus largement, aider les outre-mer.
Il nous faut bien sûr, parallèlement, réduire les déficits : nous ne pouvons plus faire comme s’ils n’existaient pas. Comme vous l’avez souligné, monsieur le Premier ministre, c’est une question de soutenabilité des politiques publiques et de respect vis-à-vis des générations futures.
En un mot, l’intérêt supérieur du pays nécessite l’adoption d’un budget.
Nous pouvons nous entendre, ensuite, parce qu’avec 10 millions de nos compatriotes en situation de précarité la question sociale doit être au cœur de nos préoccupations.
Depuis le « quoi qu’il en coûte » de la période du covid-19, nous avons multiplié les mesures sociales. Cependant, une juxtaposition de mesures sociales ne fait pas une politique sociale. Il nous faut donc une vision globale destinée à soutenir le niveau de vie des Français les moins favorisés.
Commençons par le logement, qui représente en moyenne le tiers du budget des ménages – et je parle de ceux qui ont la chance d’avoir un logement, car l’offre demeure grippée quand la demande ne cesse de croître. Chacun, dans cet hémicycle, aura à cœur d’accompagner la ministre du logement dans la mise en œuvre de moyens et de solutions innovantes.
Par ailleurs, il nous faut de toute urgence répondre au malaise des agriculteurs. Ceux qui m’ont précédé à la tribune l’ont rappelé, le projet de loi d’orientation agricole, dont le Parlement achèvera bientôt l’examen, traite d’un certain nombre de problématiques agricoles bien identifiées, comme la transmission des exploitations.
Le problème de fond demeure celui du partage de la valeur ajoutée. Songeons que, sur 100 euros de dépenses alimentaires, moins de 7 euros seulement vont au producteur. On a bien tenté, par les lois Égalim, de rééquilibrer les choses, mais il faudra rapidement approfondir l’effort. En l’état, les agriculteurs demeurent la catégorie socioprofessionnelle qui compte, en proportion, le plus de personnes sous le seuil de pauvreté, et nombre d’agriculteurs retraités ne touchent même pas le minimum vieillesse. Une proposition de loi récemment adoptée par le Sénat améliorerait leur situation : faisons-la prospérer rapidement.
À cette réalité inacceptable s’ajoutent les contraintes de la transition environnementale ; pour les agriculteurs, c’est insupportable. Il nous faut intervenir à la fois pour leur assurer un meilleur revenu et pour aider le monde agricole à se transformer de manière réaliste et raisonnable.
Évoquons également le problème du ZAN : en la matière, il y a urgence à modifier la loi ; mes collègues Jean-Baptiste Blanc et Guislain Cambier s’y emploient.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Encore heureux !
Pas chez les Français !
… alors c’est avec les groupes de gauche qu’il nous faut dialoguer pour trouver des compromis.
Ce qui est vrai pour nous l’est également pour la gauche : l’équation est symétrique. La censure du gouvernement Barnier n’a abouti que parce que le Rassemblement national a voté une motion de censure avec l’ensemble du...
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Vous nous faites un mauvais procès !
(La prise de parole ci-dessus)
Très bien !
Toujours au chapitre social, la santé est une autre grande préoccupation de nos concitoyens. Voilà vingt ans que l’on voit grandir les déserts médicaux et, malgré les mesures prises jusqu’ici, ils ne se résorbent pas.
Deux autres chocs nous attendent, de nature démographique : la dépendance et la baisse de la...
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La parole est à M. François Patriat, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, est-il utile de rappeler encore la gravité de la situation ? Les Français n’ont plus confiance ni en la politique ni dans les politiques.