Toujours au chapitre social, la santé est une autre grande préoccupation de nos concitoyens. Voilà vingt ans que l’on voit grandir les déserts médicaux et, malgré les mesures prises jusqu’ici, ils ne se résorbent pas.
Deux autres chocs nous attendent, de nature démographique : la dépendance et la baisse de la natalité. Il s’agit de sujets majeurs qui vont structurer notre société. Il nous faut de toute urgence en prendre la mesure, afin d’aboutir rapidement à des avancées sur ces dossiers coûteux.
J’en viens aux retraites, sujet permanent de crispations et de clivages, très souvent évoqué dans les interventions précédentes, et dont vous avez rouvert le chantier, monsieur le Premier ministre.
Faisons confiance aux partenaires sociaux pour formuler des propositions constructives. Pénibilité, carrières longues, emploi des seniors constituent notamment des sujets insuffisamment explorés qui mériteraient de compléter la réforme adoptée.
Et, s’il n’y a plus de tabous, il faudra tôt ou tard reparler du temps de travail, car c’est la variable clé, tant pour les retraites que pour tout le reste. Nous travaillons trop peu en France, singulièrement moins, en tout cas, que dans les autres pays de l’OCDE. Dans ces conditions, on ne peut s’attendre à aucun miracle en matière de croissance.
Cette question du temps de travail peut être liée à une autre problématique clé dont vous avez parlé : celle de la simplification. Oui, notre pays souffre d’un excès de normes et de bureaucratie. Cela fait des décennies que nous dénonçons ce phénomène, sans résultat notable, du moins jusqu’à l’adoption de la loi pour la conservation et la restauration de Notre-Dame de Paris, dont on connaît le succès.
Suivant cet exemple, voilà que nous sommes invités à voter une nouvelle loi de simplification pour reconstruire Mayotte. Pourquoi ne pas faire pour le pays entier ce qui a fonctionné pour Notre-Dame de Paris ou pour les jeux Olympiques ? Tout parlementaire, quelle que soit son appartenance politique, pourra se retrouver dans cet objectif.
Sur les questions institutionnelles, également, nous pouvons avancer : sur le mode de scrutin, comme vous l’avez proposé, sur le cumul des mandats, sur le financement des campagnes électorales ou sur le renforcement du statut de l’élu local. Le Sénat a récemment voté, sur ce dernier sujet, une proposition de loi qu’il convient de faire prospérer au plus vite à l’Assemblée nationale.
Il nous faut également relancer le processus de décentralisation en allant vers plus de différenciation dans les territoires, ainsi que relancer le processus institutionnel en Corse et en Nouvelle-Calédonie.
La dynamique de dépassement responsable des clivages politiques que mon groupe appelle de ses vœux va nécessiter des concessions et des compromis de toutes parts.
Pour autant, il va falloir cesser de penser que progresser, c’est dépenser toujours plus d’argent et augmenter les impôts. Ce que nous devons rechercher en priorité, c’est l’efficacité des politiques publiques.
Pendant que nous censurons et que nous nous disputons à Paris, les taux d’intérêt de la dette grimpent, les défaillances d’entreprises se multiplient, les entreprises appuient sur la pédale de frein et les embauches sont gelées.
Nous devons agir pour rétablir la confiance économique ; à défaut, nous irons au-devant d’une grave crise et nous verrons le retour du chômage de masse.
La situation internationale nous oblige également. Aux États-Unis, l’administration Trump va s’installer dans quelques jours. La Chine, elle, est plus conquérante que jamais. Quant à la Russie, elle n’a aucunement renoncé à ses ambitions. Face à ces géants, l’Europe est malade et a impérativement besoin d’un sursaut. Alors, ne perdons plus de temps !
Monsieur le Premier ministre, vous l’aurez compris : le groupe Union Centriste soutiendra l’action de votre gouvernement. (Applaudissements sur les travées des groupes UC et INDEP et sur des travées du groupe RDPI.)
La source —
senat_opendata
Pas d'URL publique donnée par la source
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
… alors c’est avec les groupes de gauche qu’il nous faut dialoguer pour trouver des compromis.
Ce qui est vrai pour nous l’est également pour la gauche : l’équation est symétrique. La censure du gouvernement Barnier n’a abouti que parce que le Rassemblement national a voté une motion de censure avec l’ensemble du...
Lire ▸
Vous nous faites un mauvais procès !
Or l’autre conviction qui m’anime est la suivante : dans l’intérêt du pays, nous pouvons trouver des compromis avec la gauche républicaine.
Nous le pouvons d’abord, dans l’ordre des priorités, pour donner à notre pays un budget – la roue de secours qu’est la loi spéciale n’aura qu’un temps. Il nous faut indexer le...
Lire ▸
Très bien !
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. François Patriat, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, est-il utile de rappeler encore la gravité de la situation ? Les Français n’ont plus confiance ni en la politique ni dans les politiques.
Ils n’ont plus confiance en Macron !
Ils sont désabusés, parfois haineux, envers les responsables publics. Ils ont vécu les épreuves de ces dernières semaines comme la marque d’une désinvolture du monde politique, celui-ci étant à leurs yeux peu soucieux de l’intérêt général et trop soucieux des intérêts électoraux.
L’esprit de réussite aurait pu...
Lire ▸