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15 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
Ils sont désabusés, parfois haineux, envers les responsables publics. Ils ont vécu les épreuves de ces dernières semaines comme la marque d’une désinvolture du monde politique, celui-ci étant à leurs yeux peu soucieux de l’intérêt général et trop soucieux des intérêts électoraux. L’esprit de réussite aurait pu perdurer après le succès des jeux Olympiques et la reconstruction de Notre-Dame : nous aurions pu collectivement nous servir de ces exemples pour donner aux Français une raison d’être optimistes. Las ! le 4 décembre dernier, les oppositions, dans une alliance de la gauche et de l’extrême droite, ont décidé, à notre grand regret, de censurer le gouvernement de Michel Barnier, affirmant que les Français n’en seraient pas affectés. C’était leur mentir, car la censure a une facture, qui est loin d’être négligeable. Si nous ne pouvons pas encore mesurer à quel point la censure a fragilisé notre travail de redressement de la situation financière, nous savons au moins certaines choses. Chaque semaine qui passe sans budget, ce sont des économies qui ne sont pas réalisées ; ce sont des agriculteurs qui ne bénéficient pas des mesures de soutien économique dont ils ont tant besoin ; ce sont des collectivités dont les dépenses d’investissement ne sont pas financées et qui ne savent pas quelles seront demain leurs marges de manœuvre et de développement ; ce sont des entrepreneurs qui n’osent pas remplir leurs carnets de commandes ; ce sont des associations qui n’obtiennent pas leurs financements. L’incertitude et l’attente ont d’ores et déjà des effets particulièrement néfastes et récessifs pour notre pays. Pour couronner le tout, le 14 décembre dernier, le cyclone tropical Chido frappait Mayotte avec une rare violence. Je pense bien évidemment à nos collègues Salama Ramia et Saïd Omar Oili, ainsi qu’à notre ministre chargé de la francophonie, cher Thani Mohamed Soilihi, ici présent. Les dégâts humains et matériels y sont considérables et, aujourd’hui, nous devons continuer de répondre à l’urgence, tout en préparant la reconstruction. La tâche est immense pour reconstruire et éviter à l’avenir de nouvelles catastrophes : il s’agit d’un effort national légitime et nécessaire. L’effort, la responsabilité et la stabilité seront les fils rouges de notre action, alors que les périls sont multiples et que le contexte international s’assombrit considérablement, compte tenu des récentes déclarations du président élu Donald Trump. Monsieur le Premier ministre, vous avez choisi de poursuivre la discussion budgétaire que nous avions entamée. Nous saluons cette décision, alors que le Sénat avait adopté la première partie du projet de loi de finances. Nous devons collectivement avancer. Les Français, les élus et les entreprises attendent de nous que nous trouvions un accord en la matière. Le Parlement doit jouer son rôle et trouver les voies et moyens adéquats pour prendre des mesures engendrant des économies, mais aussi de nouvelles recettes, des recettes justes permettant de rétablir la trajectoire budgétaire du pays. Vous avez choisi une méthode qui m’est chère, celle de la concertation et de la confiance, que j’ai connue avec Michel Rocard et avec d’autres. Monsieur le Premier ministre, vous êtes un homme de compromis, ouvert au dialogue et à la concertation ; encore faut-il que, face à vous, une volonté réponde à cette ouverture. Je souhaite à cet instant m’adresser à mes collègues socialistes. Mes chers collègues, je suis conscient que vous êtes politiquement pris en étau dans vos circonscriptions (MM. Rachid Temal et Claude Raynal s’exclament.), mais gardez bien en tête que, quelles que soient les concessions que vous accorderez à vos alliés au sein du NFP, ceux-ci revendiqueront toujours d’être plus à gauche que vous.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Toujours au chapitre social, la santé est une autre grande préoccupation de nos concitoyens. Voilà vingt ans que l’on voit grandir les déserts médicaux et, malgré les mesures prises jusqu’ici, ils ne se résorbent pas. Deux autres chocs nous attendent, de nature démographique : la dépendance et la baisse de la... Lire ▸
La parole est à M. François Patriat, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, est-il utile de rappeler encore la gravité de la situation ? Les Français n’ont plus confiance ni en la politique ni dans les politiques.
Ils n’ont plus confiance en Macron !
(La prise de parole ci-dessus)
Mais non ! Pas toi, François !
Arrêtez ! C’est de la politique-fiction !
Je sais bien que toutes les turpitudes sont au Gouvernement et toutes les vertus dans l’opposition, mais sortons un peu de ce manichéisme ambiant ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Franck Dhersin et Mme Marie-Claude Lermytte applaudissent également.) Aujourd’hui, le chemin à tracer pour... Lire ▸
Ni exosquelette ! (Sourires.)