Assumons, cher Rachid Temal, que la dépense publique n’est pas toujours synonyme d’amélioration du service public. On le voit à l’hôpital, où les investissements ont été massifs. Le plan de relance, la lutte contre les déserts médicaux et le Ségur de la santé représentent un effort de 30 milliards d’euros qu’aucun gouvernement, fût-il de gauche, n’avait jamais réalisé. Pour autant et malgré tout, l’hôpital est aujourd’hui en souffrance.
Il faut rendre leur efficacité aux services publics en sortant du dogme de la dépense comme seule boussole. Attendre tout de la fiscalité et de la taxation, on a déjà essayé et ça n’a pas marché ! (M. Yannick Jadot lève les yeux au ciel.)
Vous êtes attaché à l’agriculture, monsieur le Premier ministre, car, comme moi, vous êtes issu du monde paysan. Aujourd’hui, nos agriculteurs affrontent des défis immenses qui ont été mis en exergue par la crise agricole de l’année dernière. Lourdeur et complexité administrative, inflation normative, surtranspositions, concurrence déloyale, juste rémunération : voilà autant de sujets de revendications légitimes auxquelles nous devons répondre rapidement. Il est temps de redonner à cette profession la fierté et la reconnaissance qu’elle mérite.
Il en va de même pour les élus locaux, qui font face eux aussi à une inflation normative et à une suradministration, alors même que, par ailleurs, ils ne bénéficient plus aujourd’hui de la reconnaissance qu’ils méritent pour leur engagement. Nous vous invitons, monsieur le Premier ministre, à réconcilier l’État avec les élus. L’évolution qu’il faut apporter est certes législative et réglementaire, mais c’est avant tout un changement d’ordre culturel qui doit avoir lieu au sein de l’administration française.
Enfin, la situation dramatique de Mayotte a été évoquée ; je n’y reviens pas. Elle ne doit pas oblitérer les grandes difficultés que l’ensemble des territoires ultramarins rencontrent actuellement. Une attention et un effort particuliers doivent leur être accordés.
N’oublions pas non plus qu’il est impératif de poursuivre le travail en faveur de la transition écologique, que personne n’a mentionnée cet après-midi. (M. Yannick Jadot s’exclame. – M. Rachid Temal lève les yeux au ciel.)
L’impasse dans laquelle les partis placent le pays est insupportable. Pour restaurer la confiance, il faut redonner des perspectives dans toutes les politiques publiques, et non seulement en matière de budget. La recherche, l’innovation et le travail sont des priorités absolues.
Nous le savons tous, la confiance ne se décrète pas, elle se construit. Vous pouvez compter sur nous, monsieur le Premier ministre, pour vous aider dans cette tâche vitale.
Je veux citer l’exemple de Pierre Mendès France, avec qui j’ai commencé ma vie politique et dont la figure a été évoquée hier. (M. Guillaume Chevrollier ironise.) La trace positive qu’il a laissée dans l’histoire de notre pays est décorrélée du temps effectif pendant lequel il est resté au pouvoir. Aujourd’hui encore, il demeure un exemple. Sa conception de la démocratie était exigeante. Selon lui, la vertu politique exige des élus et des responsables politiques qu’ils placent leur devoir et leur fidélité au-dessus de leurs intérêts de carrière, de leur ambition, de leur réélection. Cet appel au courage, à l’action, au risque de l’impopularité, résonne toujours.
Nous serons à vos côtés, monsieur le Premier ministre, pour vous aider à réussir dans votre démarche. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP et sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Cher collègue, vous rappelez certains de mes propos : je suis prêt à en discuter avec vous…
Il existe aussi une petite musique, celle du droit à la paresse comme idéal de vie en société.
Mais non ! Un peu de sérieux !
C’est une insulte à l’effort quotidien des Français qui travaillent et financent l’État-providence (Exclamations sur des travées des groupes SER, CRCE-K et GEST.)
C’est bel et bien la quantité et la productivité du travail des Français qui nous permettront de poursuivre la revitalisation de nos services publics et...
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Les Français veulent du travail !
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Claude Malhuret, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP et sur des travées du groupe UC. – MM. Jean-François Husson et Alain Milon applaudissent également.)
Pas de Mélenchon Premier ministre, on le saura ! (Sourires.)
Monsieur le Premier ministre, j’aimerais pouvoir commencer par vous souhaiter une bonne année 2025, mais je crains que les défis qui vous attendent, que vous avez vous-même qualifiés d’himalayesques, ne vous fassent prendre ces vœux pour de l’ironie.
Personne ne me contredira si je dis que les Français sont...
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Nous ne sommes pas sociaux-démocrates, nous sommes socialistes !