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15 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le Premier ministre, j’aimerais pouvoir commencer par vous souhaiter une bonne année 2025, mais je crains que les défis qui vous attendent, que vous avez vous-même qualifiés d’himalayesques, ne vous fassent prendre ces vœux pour de l’ironie. Personne ne me contredira si je dis que les Français sont inquiets, car l’année s’annonce comme celle de tous les dangers. Il y a d’abord le risque de crise financière, économique et sociale en cas de nouvelle censure ou de vote d’un budget sans boussole, qui n’inspirerait confiance ni à nos concitoyens, ni aux agences de notation, ni à nos partenaires européens. Il y a ensuite la situation internationale, qui n’a jamais été aussi alarmante, entre l’alliance des dictatures, la multiplication des régimes illibéraux, les menaces sur les démocraties, les rivalités entre grandes puissances et les guerres qui ont cours jusque sur notre continent. À ces inquiétudes s’ajoutent deux questions menaçantes, à plus ou moins long terme : la France risque-t-elle de voir un jour les populistes arriver au pouvoir ? L’Europe va-t-elle, poursuivant son insouciant déclin, laisser s’effacer peu à peu sa place dans le monde, « comme à la limite de la mer un visage de sable » ? C’est dire à quel point le succès de votre gouvernement devait être souhaité par tous ; mais tel n’est pas le cas. Certains souhaitent son échec – c’est même leur stratégie. La France est prise en effet dans la tenaille de son double extrémisme. À l’extrême gauche, le matamore des estrades et des plateaux télé, le chien-chien à son Poutine (Bravo ! et rires sur les travées du groupe Les Républicains.), après avoir imposé sa cour des miracles à l’Assemblée nationale, s’est arrogé le droit illimité d’affirmer de manière catégorique des âneries. La sous-intelligentsia des ragots sociaux se charge de les faire tourner en boucle, contribuant de façon décisive au degré zéro atteint aujourd’hui par le débat politique. À l’extrême droite, le communiqué glaçant publié à l’occasion de la mort du fondateur du Front national, où Freud aurait vu l’un des meilleurs exemples de retour du refoulé, nous rappelle que la dédiabolisation n’était qu’un bobard pour les gogos : les principes tracés par le patriarche et par son cortège d’anciens collabos n’ont pas changé et Bardella préside désormais le groupe illibéral prorusse et anti-Europe d’Orban au Parlement européen. Les stratégies des deux extrêmes sont les mêmes : la crise de régime et la présidentielle anticipée. Mais leurs tactiques respectives diffèrent. LFI censure en rafale, à la kalachnikov : un texte, une censure. Neuf fois sur dix, cela ne marche pas, mais cela donne une tribune permanente pour agonir le Gouvernement. Le Rassemblement national n’a plus qu’à décider du moment opportun pour s’y associer : on lui offre la censure sur étagère. C’est ce qui s’est passé le 4 décembre dernier, juste après les réquisitions du procureur dans le procès des députés européens – il fallait détourner l’attention. Cependant, le total des voix extrêmes à l’Assemblée nationale ne suffit pas à faire adopter une motion de censure. S’il y a eu censure, c’est parce qu’en 2024 un parti social-démocrate de gouvernement a uni ses voix à l’extrême droite et à l’extrême gauche pour renverser un Premier ministre républicain. (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, RDPI, UC et Les Républicains.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Les Français veulent du travail !
Assumons, cher Rachid Temal, que la dépense publique n’est pas toujours synonyme d’amélioration du service public. On le voit à l’hôpital, où les investissements ont été massifs. Le plan de relance, la lutte contre les déserts médicaux et le Ségur de la santé représentent un effort de 30 milliards d’euros qu’aucun... Lire ▸
La parole est à M. Claude Malhuret, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP et sur des travées du groupe UC. – MM. Jean-François Husson et Alain Milon applaudissent également.)
Pas de Mélenchon Premier ministre, on le saura ! (Sourires.)
(La prise de parole ci-dessus)
Nous ne sommes pas sociaux-démocrates, nous sommes socialistes !
C’était une faute politique et, surtout, c’était une faute morale. Je ne crois pas, et surtout je n’espère pas, qu’une telle faute se reproduira. Les Français prennent en effet conscience jour après jour que la censure, dont ses promoteurs avaient juré qu’elle n’était qu’une péripétie, a des effets désastreux sur... Lire ▸
Et la dissolution, elle n’est pas néfaste ?
Elle a mis le pays en pause, et une nouvelle censure le plongerait dans le chaos. Il est peu probable que nos concitoyens pardonnent à ceux qui s’aviseraient de recommencer. Depuis 2022, et plus encore depuis la dissolution, un nouveau monde politique est né, dont ni les électeurs ni les élus ne maîtrisent les... Lire ▸