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23 décembre 2025 · Sénat · hémicycle Séance
L’assise majoritaire du socle politique que vous invoquez n’a jamais existé, ni dans le pays ni à l’Assemblée nationale. Elle n’est apparue qu’à huis clos ou lorsqu’elle fut artificiellement reconstituée à coups de 49.3. Ce sont des choix politiques minoritaires – ceux des rabots aveugles, couplés à des budgets sans recettes –, encouragés à l’extrême par la majorité sénatoriale, qui nous conduisent dans cette crise. La majorité sénatoriale a par exemple accordé 6 milliards d’euros d’allégements ciblés aux grandes entreprises, aux holdings patrimoniales et aux hauts patrimoines. Mais, mes chers collègues de la majorité sénatoriale, qui dans le pays vous l’a demandé ? Quelle revendication avez-vous traduite politiquement par de tels votes dans cet hémicycle ? J’insiste : qui vous a fait cette demande ? (M. Thomas Dossus renchérit.) Personne, ou presque ! Dans ce contexte, la loi spéciale apparaît comme le seul recours face à votre échec politique, un échec estampillé « toutes droites confondues ». Ce projet de loi, nous le voterons, non par adhésion – soyez-en sûrs –, mais par responsabilité, afin de garantir la continuité de l’État et des services publics. Je le disais au début de mon propos : pas d’amnésie politique ! Votre gouvernement a défendu un projet de budget comprenant initialement 35 milliards d’euros d’efforts visant à compenser la hausse structurelle des dépenses pour 2026. Et deux tiers de ces 35 milliards d’euros d’efforts reposaient sur le rationnement des dépenses publiques. Voilà la vérité dite ! Nous donnons l’alerte : la loi spéciale ne doit ni devenir une loi de finances initiale déguisée ni servir de prétexte à une austérité par défaut. Vous l’avez reconnu vous-même, madame la ministre : l’an dernier, les dépenses ont reculé de 5 % entre janvier et mars. Ici se loge un choix politique opéré sans mandat du Parlement. Ce matin, nous avons proposé une voie de sortie institutionnelle et politique : le dépôt d’un projet de loi d’urgence portant création de recettes nouvelles, décorrélé du budget. Vous savez comme moi qu’il n’y a là rien d’impossible ; vous avez pourtant qualifié cette proposition de « dangereuse ». Pour ce gouvernement, il serait dangereux de taxer les ultrariches, dangereux de simplement ouvrir un vrai débat sur la justice fiscale. Or ce n’est pas aux marchés financiers de faire la loi ni de fixer seuls l’horizon des choix collectifs. Émile Zola écrivait : « Lorsque l’avenir est sans espoir, le présent prend une amertume ignoble. » Le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky n’est pour sa part ni amer ni désespéré : il est mobilisé, parce qu’il existe des alternatives. Nous avons formulé 500 propositions représentant 70 milliards d’euros de recettes pour répondre aux besoins du pays. Ce que vous présentez comme dangereux, nous l’assumons comme nécessaire. (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE-K, SER et GEST.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Nous avons de nombreuses questions en suspens. La première est politique. Comment comptez-vous maintenir un semblant de cohésion entre votre bloc central avec Les Républicains, alors que M. Retailleau s’est érigé en premier procureur de votre gouvernement, qu’il a validé, puis quitté de manière pour le moins... Lire ▸
La parole est à M. Pascal Savoldelli.
Madame la présidente, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, l’urgence ne saurait tenir lieu d’amnésie démocratique. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce qu’un choix clair a été fait depuis 2024, celui de gouverner contre le verdict des urnes, celui d’imposer des projets minoritaires,... Lire ▸
C’est la démocratie.
(La prise de parole ci-dessus)
Et les économies ?
La parole est à M. Grégory Blanc. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Madame la présidente, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, il est plus de vingt heures trente, nous sommes le 23 décembre et résonne plus fort que jamais le « tic-tac » du compte à rebours qui nous sépare du 31 décembre, date constitutionnelle limite pour l’adoption d’un budget.
C’est le son des clochettes ! (Sourires.)