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23 décembre 2025 · Sénat · hémicycle Séance
Les conditions n’étant pas réunies au Parlement pour qu’un tel délai soit tenu, il est nécessaire qu’une loi spéciale soit adoptée ; et nous la voterons. Nous la voterons, car, nous en sommes convaincus, notre pays a besoin de stabilité. Il a donc besoin d’un budget, parce que, dans la situation de déstabilisation géopolitique que nous connaissons, il faut une Union européenne solide et une France assise sur un État fort. Un État fort, qu’est-ce à dire ? C’est un État doté de finances saines, ramenant son déficit sous les 5 % du PIB en 2026 ; un État sachant investir pour l’avenir, dans les armées, évidemment, mais aussi dans les technologies du futur, et qui se montre surtout capable d’adapter concrètement nos infrastructures au dérèglement climatique ; un État qui anticipe et se donne les moyens d’aller de l’avant ; un État qui ne s’enferme pas dans une posture rabougrie. L’heure devrait être au rassemblement des forces et à la cohésion du pays. Aussi, pourquoi sommes-nous dans cette impasse budgétaire ? La question se pose. Premièrement – nous l’avons vérifié, tous autant que nous sommes –, mal assis dans un théâtre délabré dont les portes claquent, nous assistons depuis la fin du mois d’août à une mauvaise pièce de boulevard. Le socle commun ne parvient pas à dégager une vision partagée, une direction commune. Il faut le dire simplement : ce sont vos problèmes, madame, monsieur les ministres, chers collègues du socle commun, qui ont conduit au dépôt si tardif d’un projet de budget, le 14 octobre – une première sous la Ve République. Comment pouvons-nous construire un compromis dans un calendrier si contraint et dans un tel contexte de fragmentation politique ? C’est impossible. Deuxième raison : le refus de l’idée même de compromis. Le pays est en droit d’attendre des forces du Parlement qu’elles sachent construire des ponts plutôt que des murs. L’Assemblée nationale, depuis la dissolution de 2024, se retrouve dans une configuration d’éclatement connue de tous depuis un an. Dans cette situation, chacun pouvait espérer du Sénat qu’il joue pour deux la partition de la responsabilité : chacun pouvait espérer du Sénat qu’il rende possible les compromis, que les élus qui y siègent sachent dépasser leurs idéologies sans les renier. Un autre choix a été fait, celui de la radicalité. De ce point de vue, la copie de la majorité sénatoriale s’est avérée caricaturale. Avec, au bout du compte, 5,3 % de déficit, et malgré des discours extrêmement musclés sur la chasse aux dépenses, la réalité est apparue aux yeux de tous : sans réforme structurelle, il n’est pas possible aujourd’hui de boucler le budget sans hausse de la fiscalité. Or, je le dis très clairement, faisant suite aux échanges que nous avons eus en commission des finances ce matin, si le texte d’atterrissage du Gouvernement ne devait être qu’une synthèse restreinte au seul socle commun – diminution de la surtaxe Barnier d’impôt sur les très grandes sociétés, allégement de la taxe sur les holdings et de la fiscalité sur les très hauts patrimoines et, parallèlement, pression fiscale accentuée via l’impôt sur le revenu et sur les pensions de retraite –, il y aurait un gros problème : une telle « synthèse » reviendrait, au total, à faire porter l’effort sur les classes moyennes sans contribution des ultrariches. Et si, au chapitre des dépenses, faute de réformes structurelles, puisque nous n’en avons plus le temps, l’effort portait une nouvelle fois sur l’investissement et sur la transition écologique, avec MaPrimeRénov’, le fonds vert, la décarbonation de notre appareil industriel et les crédits du plan France 2030 pour variables d’ajustement, il y aurait là un deuxième gros problème, dont les répercussions politiques se diffuseraient par capillarité – ce serait mathématique.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Et les économies ?
La parole est à M. Grégory Blanc. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Madame la présidente, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, il est plus de vingt heures trente, nous sommes le 23 décembre et résonne plus fort que jamais le « tic-tac » du compte à rebours qui nous sépare du 31 décembre, date constitutionnelle limite pour l’adoption d’un budget.
C’est le son des clochettes ! (Sourires.)
(La prise de parole ci-dessus)
Arrêtez…
Mes chers collègues, madame la ministre, monsieur le ministre, le texte du Gouvernement, non de compromis mais de consensus, faute, désormais, d’une autre issue possible, devra éviter ces deux écueils. C’est la clairvoyance et la lucidité qui nous conduisent à vous le dire, au moment où s’ouvre cette période... Lire ▸
La parole est à M. le ministre.
ministre. Je ferai bref, madame la présidente : la dernière fois que j’ai pris la parole au terme d’une discussion générale, j’avais peut-être été trop long, et les débats s’en étaient trouvés un peu bousculés. (Sourires.) Je serai bref, donc, pour dire deux ou trois choses. À cette période de l’année – cela a été... Lire ▸