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6 janvier 2026 · Sénat · hémicycle Séance
ministre de la culture. Madame la présidente, monsieur le président Lafon, mesdames, messieurs les sénateurs, ce débat est important, car la sécurité et la sûreté des musées représentent un enjeu culturel majeur. Madame Evren, vous avez dressé un constat lucide et important, puis formulé des recommandations ; vous le savez, je les ai prises en compte dans les mesures que j’ai récemment annoncées et qui sont en cours de mise en œuvre. Je salue, à ce titre, leur efficacité. Le président Lafon l’a rappelé : nous nous sommes sans doute trop attachés à la sécurité des publics, en oubliant parfois les œuvres et les bâtiments, qui font eux aussi partie de notre patrimoine. Le vol survenu au musée du Louvre nous incite à appréhender sérieusement le sujet de la sécurité. Comme l’a souligné Mme Drexler, cet événement doit nous conduire à un sursaut. Pour autant, M. Ouzoulias l’a dit, ce n’est pas un phénomène nouveau. Dès la fin des années 1980, la recrudescence des vols et des cambriolages d’ampleur avait conduit à la mise en place de la mission sécurité, sûreté et audit au sein du ministère, dont le responsable est présent à nos côtés ce soir. Cette mission est d’ailleurs à ce jour la seule de ce genre en Europe. Les modes opératoires et les œuvres ciblées ont évolué. Vous évoquiez la durée spectaculaire du vol qui a eu lieu au Louvre : trois minutes et cinquante-deux secondes ! Autrefois, les cambriolages pouvaient s’étaler sur plusieurs heures. Désormais, ils se déroulent en quelques minutes et sont souvent l’œuvre de commandes. Il faut donc intégrer les nouveaux défis liés à la criminalité organisée. Aussi, il faut adapter notre réponse. Comme l’a suggéré M. le sénateur Lafon, cela passe évidemment par un renforcement des moyens de la mission sûreté, sécurité et audit. Il est également prévu de systématiser les visites des experts de cette mission dans les musées et les monuments, et de mettre en place des visites de contrôle, dont la périodicité a été fixée à cinq ans. La réalisation des travaux liés à leurs prescriptions, par ailleurs, deviendra obligatoire. D’autres mesures seront prises sur le fondement de la mission parlementaire confiée au député Christophe Marion, qui reprendra d’ailleurs en partie les actions liées au fonds de sûreté. Je pense aussi au groupe de travail mis en place par la direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA), dont je remercie la directrice, ici présente. Celui-ci a été mis en place au mois de novembre 2025 afin de définir un plan d’action pour améliorer la sûreté des musées. En ce qui concerne plus particulièrement le Louvre, j’entends les remarques formulées par les différents orateurs. Pour répondre à l’urgence, dix-sept mesures sont d’ores et déjà en cours de déploiement, pour une refondation en profondeur de la politique de sûreté et de sécurité du musée du Louvre. Je citerai notamment la mise en place d’une gouvernance spécifique, avec un coordinateur de la sûreté placé auprès de la présidence, et la création d’un comité de pilotage de sûreté associant la préfecture de police. En effet, l’enquête et les auditions sur le vol au Louvre ont révélé que la sûreté et la sécurité relevaient de missions dispersées entre presque toutes les directions. Il faut donc les recentrer à un niveau stratégique. Dans le cadre de la refonte de cette gouvernance, le coordinateur de la sûreté sera rattaché auprès de la présidence. Nous prévoyons aussi l’installation de dispositifs anti-intrusion. La cartographie des risques, qui, jusqu’à maintenant, ne représentait pas une priorité, sera actualisée dans les semaines qui viennent. Enfin, la formation des agents au vol et à l’intrusion est désormais renforcée et deviendra obligatoire. En effet, à peine 3 % des agents étaient formés à ce type de mission. À ce titre, la sûreté de nos musées est un enjeu global, qui doit aussi être pensé conjointement avec les organisations syndicales, que j’ai reçues et avec lesquelles j’ai travaillé. J’entends les troubles et l’émoi qui se sont exprimés à la suite de ce cambriolage spectaculaire. Je poursuis, personnellement et avec mon cabinet, ces discussions, qui se sont toujours déroulées en bonne intelligence. Les remarques, préconisations et observations qui nous ont été remontées sont tout à fait pertinentes. Pour ce qui concerne les dysfonctionnements et la question de la responsabilité, madame Evren, ma priorité a été, dans un premier temps, de préserver la stabilité de l’établissement, son fonctionnement et sa capacité à accueillir le public dans de bonnes conditions. Cette année encore, le musée a d’ailleurs battu un record de fréquentation. Pour autant, cela ne veut pas dire que la question de la responsabilité ne doit pas se poser et elle se posera. Le cambriolage a aussi mis en lumière les enjeux d’organisation de nos établissements publics. Je le répète : si le ministère exerce la tutelle sur ces établissements, ceux-ci bénéficient d’une autonomie, propice à leur agilité. Néanmoins, au cours des dernières années, cette autonomie légitime a parfois pu glisser vers une forme d’indépendance, ce qu’elle ne doit pas être ; l’autonomie ne constitue pas une exemption de rendre des comptes. Des dysfonctionnements, des défaillances ou des demandes particulières sont parfois signalés sans avoir d’effets, et les principales demandes adressées à la tutelle sont principalement d’ordre budgétaire. La question du statut des dirigeants d’établissement a également été évoquée. Dans certains établissements, comme le Louvre, les dirigeants doivent avoir la qualité de conservateur général ; dans d’autres, comme le château de Versailles, ce n’est pas le cas. Le statut est propre à chaque établissement. Néanmoins, je suis favorable à ce que nous revoyions la gouvernance des établissements publics de l’État pour renforcer et mettre au bon niveau la sécurité et la sûreté. À cet effet, je propose notamment que l’on adosse la prise en compte de la sécurité et de la sûreté à la part variable de la rémunération des dirigeants. Je souhaite enfin que l’on inscrive cette mesure dans la convention d’objectifs. Plus largement, certains d’entre vous ont évoqué les inégalités territoriales en matière de sûreté et de sécurité. En réponse à vos interrogations, monsieur le sénateur Adel Ziane, je vous indique que Laurent Nunez et moi-avons conjointement donné l’instruction aux préfets de dresser un état des lieux des dispositifs déjà déployés autour des établissements culturels et, le cas échéant, de renforcer sans délai les mesures de sécurité. Nous allons poursuivre en mettant en œuvre le fonds de sûreté, que je continuerai de défendre lors des débats budgétaires, et en renforçant ses missions. Je rappelle à cet égard, comme vous l’avez fait, qu’un vote a empêché sa création… En matière de sûreté, l’État est aux côtés des collectivités et leur apporte des conseils, notamment via les Drac et la mission sécurité, sûreté et d’audit (Missa). Cette mission est d’autant plus importante que j’ai considérablement rehaussé notre ambition en matière de circulation de nos œuvres et de prêts aux musées territoriaux. Avant tout prêt ou tout dépôt – je réponds, là aussi, à votre question, monsieur le sénateur –, les experts de la mission se rendent sur place pour constater les conditions de sûreté et de préservation. Je souhaite désormais que ces prêts ou ces dépôts soient conditionnés à la mise en œuvre effective de mesures de sécurisation si celles-ci sont nécessaires. À cet égard, je tiens à saluer les élus et les musées qui, partout dans nos territoires, œuvrent avec la plus grande ambition à la sécurité des œuvres placées sous leur responsabilité. Dans de nombreux cas, ils exercent leurs missions en prenant en compte les contraintes patrimoniales des musées. En effet, nos musées s’intègrent aussi dans leur environnement extérieur, c’est-à-dire dans les villes et les villages où ils sont situés. En ce qui concerne le Louvre, j’ajoute, sans aucune intention polémique, que la Ville de Paris est coresponsable de la sécurisation du site et de ses abords. Tels sont, mesdames, messieurs les sénateurs, les aspects que ce débat nous a permis d’éclairer. (MM. François Patriat, Laurent Lafon, Guillaume Chevrollier et Mme Agnès Evren applaudissent.) Conclusion du débat
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La parole est à M. Jean-Gérard Paumier. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Laurent Lafon applaudit également.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le vol des bijoux de la Couronne dans la galerie d’Apollon, qui nous a tous sidérés, a eu un retentissement mondial, à la hauteur de la notoriété du musée du Louvre et de l’audace des malfaiteurs. Madame la ministre, vous avez aussitôt diligenté une... Lire ▸
Très bien !
La parole est à Mme la ministre.
(La prise de parole ci-dessus)
En conclusion de ce débat, la parole est à M. Max Brisson, pour le groupe auteur de la demande. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
pour le groupe Les Républicains. Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, je remercie Agnès Evren d’avoir convaincu le président Mathieu Darnaud et notre groupe de demander la tenue de ce débat. Je vous remercie également, mes chers collègues, de vos interventions, qui ont permis d’établir un... Lire ▸
Mes chers collègues, nous en avons terminé avec le débat sur la sécurité dans les musées.
L’ordre du jour appelle le débat, organisé à la demande du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, sur l’accès à la culture dans les territoires ruraux. Nous allons procéder au débat sous la forme d’une série de questions-réponses, dont les modalités ont été fixées par la conférence des présidents. Je... Lire ▸