Madame la ministre, depuis votre arrivée rue de Valois, vous avez lancé le Printemps de la ruralité, puis le plan Culture et ruralité, censés corriger les inégalités d’accès à la culture hors des grandes métropoles.
Je profite de ce débat pour attirer votre attention sur le fait que, bien souvent, les acteurs ne tirent pas forcément tous dans le même sens, soit parce qu’il y a un défaut de coordination, soit parce que les acteurs publics font des choix différents. De fait, on se retrouve parfois à déshabiller Paul pour habiller Pierre.
Sur le terrain, les élus voient surtout des dispositifs sous-dotés, saturés de critères et difficiles d’accès pour les petites communes, lesquelles se heurtent à des difficultés d’ingénierie pour monter les dossiers. Dès lors, on se cantonne à financer l’existant, les nouveaux projets restent bloqués.
Ainsi, la revue 36 000 communes évoque une très belle initiative lancée par une Drac : Plaine village, dans le cadre du dispositif Villages en fête. Le dispositif sera certes maintenu en 2026, mais il sera resserré et ne bénéficiera malheureusement plus qu’à cinquante communes, contre soixante-dix en 2025.
À ces situations s’ajoutent parfois des choix régionaux préoccupants. Ainsi, dans les Pays de la Loire, des coupes budgétaires fortes ont été décidées, qui ont fragilisé l’ensemble du tissu culturel régional. De nombreuses associations nous ont contactés, car on considère qu’elles sont « shootées » à l’argent public. Pourtant, comme j’ai pu le voir, et comme vous le savez, dans le monde rural, les festivals, grâce à leur attractivité et à leur capacité à attirer des visiteurs, ont un indéniable impact économique et font vivre leur territoire.
Enfin, j’ai pu constater, en région Auvergne-Rhône-Alpes par exemple, que des crédits avaient été redéployés des métropoles vers la ruralité. Je le répète, on déshabille Pierre pour rhabiller Paul, comme si l’on devait favoriser l’un au détriment de l’autre.
Madame la ministre, l’État peut-il enfin assumer une politique culturelle financée, lisible et territorialisée, sans opposer territoires ruraux, métropoles et quartiers populaires, en particulier d’un point de vue financier ?
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
ministre de la culture. Madame la sénatrice, comme je l’ai déjà indiqué, depuis 2004, les crédits en faveur du patrimoine rural non protégé ont été transférés aux départements.
Vous soulevez un véritable problème, proche de celui que posent les édifices religieux en péril. Dans ce contexte, on fait du sur-mesure...
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La parole est à Mme Sabine Drexler, pour la réplique.
Il est vrai que l’éducation au patrimoine est essentielle pour donner le goût du patrimoine et rendre ainsi le citoyen autonome et volontaire sur les questions de préservation. C’est d’autant plus nécessaire qu’aujourd’hui les collectivités n’ont plus l’argent pour entretenir ce patrimoine. Je le vois bien dans mon...
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La parole est à M. Adel Ziane.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
ministre de la culture. Monsieur le sénateur, vous posez la question essentielle de l’engagement de l’État, qui reste fort.
J’évoquais tout à l’heure une compétence partagée. Si elle ne l’était pas, nous serions à la merci des choix des collectivités, qui pourraient, parfois, refléter des couleurs politiques ou ne...
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La parole est à Mme Béatrice Gosselin.
Madame la ministre, ma question rejoint certaines de celles de mes collègues.
Garantir l’accès à la culture dans les territoires ruraux devient de plus en plus difficile : les collectivités voient leurs marges de manœuvre budgétaires se réduire, alors même que les attentes des habitants demeurent fortes et...
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