pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, nous l’avons vu durant ce débat, la culture en milieu rural ne saurait être considérée comme un supplément d’âme ou comme une variable d’ajustement.
À l’heure où certaines collectivités locales sacrifient leur budget culturel, il faut rappeler que la culture est un pilier de la cohésion territoriale, de l’égalité républicaine et de la vitalité démocratique de notre pays.
Dans nos communes rurales, la culture crée du lien là où les distances sont grandes ; elle rompt l’isolement ; elle favorise l’émancipation individuelle et collective et constitue l’un des derniers vecteurs de rencontre entre les habitants, toutes générations confondues.
Alors que nombre de Français ne travaillent plus dans la commune où ils résident, se croiser au cinéma, au théâtre, à la bibliothèque, dans un festival ou dans une salle des fêtes communale est essentiel pour construire des liens et se sentir appartenir à son village. Comme l’a rappelé ma collègue Monique de Marco, ce sentiment a d’ailleurs tendance à s’étioler à mesure que les institutions culturelles se concentrent dans les métropoles et délaissent les zones rurales.
S’il est compréhensible que les grands établissements s’ancrent dans les grands bassins de population, nos concitoyens vivant à la campagne ont, eux aussi, droit à la culture, aux petits et grands plaisirs et à l’émancipation qu’elle apporte.
Compte tenu des moyens à la disposition des communes, la culture rurale repose largement sur l’engagement du milieu associatif.
Associations culturelles, comités des fêtes, écoles de musique, troupes de théâtre amateurs, cinémas itinérants, tiers-lieux ou encore festivals : partout sur le territoire, ce sont des bénévoles, des artistes et des acteurs associatifs qui font vivre la création ou la transmission et favorisent l’accès à la culture.
Les structures associatives sont des acteurs de proximité profondément ancrées localement. Elles connaissent les publics, adaptent leurs projets aux réalités locales et font émerger des pratiques culturelles accessibles, inclusives et innovantes. Elles sont des espaces d’apprentissage de la citoyenneté, de l’engagement et du vivre-ensemble.
Des contrats de réciprocité peuvent également se nouer avec des structures plus importantes, comme les maisons de la culture ou les opéras, créant un lien rural-urbain d’égal à égal.
Je veux ici vous donner deux exemples. Dans mon territoire du Vercors-Trièves, au sud de l’Isère, le théâtre du Poulailler, au Monestier-du-Percy, a été lancé il y a dix ans par Gilles Bouvier, Blandine Poulat et une poignée de passionnés. C’était un rêve un peu fou sur lequel peu de gens auraient parié au départ. Pourtant, ce lieu magique a trouvé son public, devenant une institution ancrée dans son territoire : dans une commune de 300 habitants, trois représentations y sont données chaque semaine, à des tarifs abordables.
Second exemple, l’Écran vagabond du Trièves est un cinéma itinérant, qui fonctionne depuis quarante-trois ans grâce à une association regroupant aujourd’hui plus de 130 bénévoles. Grâce à eux, tout un bassin de petites communes peut accéder à plus de 700 projections par an et à une programmation extrêmement variée.
Ces deux très belles réussites ne tiennent qu’à un fil. Comme ailleurs en France, elles reposent sur le dévouement sans faille de bénévoles et sur l’aide des élus locaux, qu’il s’agisse de prêter une salle, de mettre des gens en contact, d’accorder une subvention ou de communiquer sur des événements.
Pourtant, ces associations sont aujourd’hui fragilisées. La réduction des financements, la complexité administrative, la baisse du bénévolat et la difficulté à se projeter dans la durée menacent leur action.
Trop souvent, les dispositifs de soutien restent inadaptés aux réalités rurales, privilégiant des logiques de projets courts au détriment d’un accompagnement pérenne.
Investir dans la culture est pourtant bénéfique, tant pour l’esprit que sur le plan économique. Un concert, une séance de cinéma ou une bibliothèque font aussi vivre des cafés, des bars, des restaurants, des librairies ou des gîtes.
À l’heure du règne des écrans et de l’austérité généralisée qui réduit les horizons du possible, je veux donc apporter tout mon soutien au monde associatif et aux maires ruraux qui font vivre au quotidien le lien social et l’émancipation grâce à la culture.
Ces élus locaux jouent un rôle clé. Les politiques culturelles qu’ils développent sont centrales pour dynamiser leur territoire. L’État doit être à leurs côtés et aider les associations en simplifiant leurs démarches. C’est cela une politique culturelle décentralisée.
Évitons, pour de petits projets, de recourir systématiquement aux appels d’offres, qui sont d’une grande complexité et écartent les petites associations. Privilégions plutôt des subventions dont les montants restent très faibles, comparés à ceux dont bénéficient les grandes structures culturelles.
Avec ces moyens, lisibles et pérennes, et grâce à la ténacité des bénévoles et des élus locaux, je suis certain que nous pourrons faire vivre la promesse républicaine d’accès à la culture dans chaque village, chaque bourg, chaque territoire rural, tout en permettant une juste rémunération des artistes. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
ministre de la culture. Monsieur le sénateur Paumier, je connais votre engagement en faveur de la démocratisation de la culture, votre présence au Haut Conseil des musées de France en témoigne. Les musées sont également devenus des lieux de lecture publique.
Certaines bibliothèques des petites communes ont...
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La parole est à M. Jean-Gérard Paumier, pour la réplique.
Madame la ministre, la lecture est en effet un élément majeur de la culture en ruralité. Je vous remercie de continuer à la soutenir, aux côtés des collectivités.
Loin d’être des déserts culturels, les territoires ruraux foisonnent d’initiatives et de projets : de nombreux bénévoles et organismes animent leur...
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En conclusion du débat, la parole est à Guillaume Gontard, pour le groupe auteur de la demande. (Applaudissements sur les travées des groupes GEST et SER.)
(La prise de parole ci-dessus)
Mes chers collègues, nous en avons terminé avec le débat sur l’accès à la culture dans les territoires ruraux.
Voici quel sera l’ordre du jour de la prochaine séance publique, précédemment fixée à aujourd’hui, mercredi 7 janvier 2026 :
À quinze heures :
Questions d’actualité au Gouvernement.
De seize heures trente à vingt heures trente :
(Ordre du jour réservé au groupe SER)
Proposition de loi visant à intégrer les...
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