Premier ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, avant tout, permettez-moi de vous présenter mes vœux les plus républicains au nom du Gouvernement et en mon nom personnel.
Madame la présidente Cukierman, je vous remercie de votre question.
Comme je l’ai fait hier devant l’Assemblée nationale, je commencerai par saluer l’engagement des agents de l’ambassade de France à Caracas, qui, au nom de notre pays et en lien avec l’ensemble des autorités consulaires, protègent les membres de la communauté française dans le pays. La presse n’a pas suffisamment insisté sur leur action au cours des derniers jours : je tenais à renouveler ces marques de gratitude.
Tout, dans cette affaire, contrevient au droit international, à commencer par l’opération militaire en tant que telle.
L’usage de la force est permis dans le cadre fixé par la Charte des Nations unies. Nous en savons quelque chose, nous autres Français : nous avons encore assuré de nouvelles opérations en Syrie en début de semaine. Le Parlement les a autorisées, conformément à l’article 35 de la Constitution, et elles sont menées dans le cadre du mandat donné par les Nations unies. La France continue évidemment de défendre l’application du droit international.
Rien ne va quant au respect du droit international ; rien ne va non plus quant à la nature même du régime de Nicolas Maduro. À cet égard, je tiens à vous remercier de la tonalité de votre question et de votre souci de précision.
M. Forissier l’a rappelé à l’instant : la France ne reconnaît pas les opérations électorales qui se sont tenues voilà près de deux ans. Nous appelons effectivement à ce que la transition reparte des derniers scrutins, tels qu’ils se sont déroulés.
Ce n’est pas parce que, dans cette affaire, tout est illégal que nous devons nous décourager de défendre le droit.
Il y va de nos propres principes. À ce titre, M. Vayssouze-Faure a invoqué la philosophie des Lumières et ses valeurs.
Le statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies crée des devoirs et – j’y insiste – ce n’est pas parce qu’un combat est difficile qu’il faut se décourager ou dévier de sa ligne.
Il y va d’ailleurs aussi de nos intérêts. Nous en avons débattu dans d’autres circonstances – j’étais alors ministre des armées –, beaucoup de pays, en particulier dans l’hémisphère sud, mais pas seulement, ont le droit international pour seul et unique bouclier, seul et unique levier, seule et unique protection.
En restant fidèle à ses valeurs, la France défendra ses propres intérêts. Depuis de nombreuses décennies, la France n’a pas varié – on observe, en cela, une permanence que l’on pourrait qualifier de gaullo-mitterrandienne. Réaffirmons aujourd’hui que nous pouvons être alliés sans être alignés, pour dire les choses le plus clairement possible.
En outre, ce n’est pas parce que tout est illégal dans cette affaire, que rien ne va en matière de droit international, qu’il ne faut pas se réjouir qu’un autre avenir soit possible pour le peuple vénézuélien. C’est également ce que j’ai rappelé hier devant l’Assemblée nationale. De la qualité de la transition démocratique vénézuélienne et de son calendrier dépend en partie l’avenir de ce continent.
Comme vous l’avez rappelé, je me suis engagé hier à la tenue d’un débat le plus rapidement possible, c’est-à-dire sous quinze jours. Plus globalement, je ne manquerai d’ailleurs pas de faire le point, dans les jours à venir, sur les travaux de votre assemblée avec M. le président du Sénat.
M. le président Perrin nous a régulièrement invités, au cours des dernières semaines et des derniers mois, à nous exprimer au sein de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Ces échanges sont aussi l’occasion de nous interroger sur notre autonomie stratégique.
Il s’agit notamment de voir pourquoi la réaction européenne n’a pas été aussi rapide, aussi forte qu’attendu…
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Bravo !
intervention des états-unis au venezuela (ii)
La parole est à Mme Cécile Cukierman, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.
Samedi dernier, Donald Trump a organisé l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse, puis leur transfert aux États-Unis. Il s’est justifié en invoquant la lutte contre le narcotrafic. Mais, dans sa déclaration, il dévoile lui-même son vrai but :...
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La parole est à M. le Premier ministre.
(La prise de parole ci-dessus)
Crédible ?
Coordonnée ?
Consistante ?
Premier ministre. Messieurs les sénateurs, vous êtes plus libres de parole que moi…
Dans les circonstances que nous connaissons, il est important que nous nous posions les bonnes questions.
Au-delà de la situation en Amérique du Sud, un certain nombre de membres de cette assemblée ont déjà souligné les effets de la...
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