Aujourd'hui, l'Assemblée nationale s'apprête à franchir, pour la troisième fois, une étape décisive vers la reconnaissance d'un droit à l'aide à mourir. Près de deux années de débats, de navettes, d'oppositions et de convictions échangées trouvent ici leur aboutissement. Il nous faut saluer ce moment. Cette loi ne sort pas de nulle part. Elle est l'héritière d'un combat commencé il y a près d'un demi-siècle, lorsque le sénateur Henri Caillavet défendait déjà, seul ou presque, l'idée d'un droit de vivre sa propre mort. Elle doit beaucoup, plus récemment, à l'engagement sans faille du député Olivier Falorni, qui a porté ce texte avec ténacité face à toutes les résistances, et au travail du rapporteur Philippe Vigier, qui a su construire, dans la difficulté, les équilibres juridiques que ce sujet exige. Je crois profondément que le rôle de l'Etat n'est pas de décider à la place des individus, mais de garantir à chacun la liberté de choisir les conditions de sa fin de vie, dans la dignité. Cette liberté n'efface en rien notre devoir collectif de développer, partout et pour tous, l'accès aux soins palliatifs : les deux exigences se renforcent, elles ne s'opposent pas.