En Allemagne, hier soir, le parti d’extrême droite AfD est arrivé largement en tête du scrutin régional en Saxe-Anhalt. Son programme : réécrire les manuels d’histoire, placer les élèves étrangers et les élèves en situation de handicap dans des classes séparées, rétablir l’apprentissage du russe, censurer la culture, expulser tous les réfugiés, armer des milices citoyennes. Voilà le vrai visage de l’extrême droite : entrer par les urnes pour défaire l’État de droit. L’Allemagne n’est pas une démocratie lointaine. Le nazisme avait entrepris de détruire notre continent et engendré les crimes insoutenables de la Shoah. Sur ces ruines, nous avons construit la paix avec elle, scellé une amitié, bâti l’Europe. Ce qui s’y produit aujourd’hui peut se produire chez nous en 2027. Se résigner aux sondages, prendre l’air du temps pour un destin, c’est risquer un basculement dont les démocraties ne se remettront pas. En France, la victoire de Marine Le Pen n’a rien d’inéluctable. Rien n’est écrit. Chaque fois que la Nation a semblé perdue, des femmes, des hommes venus d’horizons différents ont trouvé la force de décider et d’agir. D’où ils venaient comptait moins que ce pour quoi ils luttaient et ce vers quoi ils allaient. Il nous reste sept mois. Sept mois pour organiser le rassemblement qui résistera au dégagisme, ce vertige qui menace de priver la France de son espérance et de son destin. Sept mois pour un sursaut, pour la France et pour l’Europe. Sept mois pour bâtir, ensemble, une coalition des engagés.