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Olivier Faure

2026-07-06 19:16 original

J’ai voté la censure du gouvernement initiée par le groupe écologiste. Je l’ai fait avec gravité. En 2024, nous avons été élus sur un engagement écologique sans ambiguïté. Cet engagement ne relevait ni d’un slogan de campagne ni d’une promesse accessoire. Il constituait une part essentielle du mandat que les Français nous ont confié. La France brûle, je refuse de regarder ailleurs. L’inaction climatique n’est plus une option. La procrastination climatique n’est pas une stratégie. Elle constitue une faute envers nos concitoyens, qui en subissent déjà les conséquences, et plus encore envers les générations futures, auxquelles nous laisserions une dette écologique toujours plus lourde. Quand aucune majorité n’existe à l’Assemblée, il faut rechercher des compromis en attendant une alternance qui valide les ruptures nécessaires. Mais sans installation d’un rapport de force clair, sans lignes rouges affirmées que pourrions nous obtenir ? Nous appartenons à un bloc social et écologique. C’est cette identité qui fonde notre crédibilité. Comment pourrions-nous lui tourner le dos ? Comment pourrions-nous donner le sentiment que nous accordons, sur un enjeu aussi fondamental, un blanc-seing au gouvernement ? C’est dans cet esprit que le groupe socialiste a adressé au Premier ministre un courrier portant des propositions précises pour répondre au défi majeur de notre siècle : lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique et préparer notre pays à s’adapter à des bouleversements dont une partie est, hélas, déjà irréversible. Le Premier ministre a choisi de ne n’y répondre que très partiellement. Très loin du sursaut attendu. Très loin de ce que les experts gouvernementaux avaient eux-mêmes posé comme exigences. Très loin de ce que nous devrions faire pour protéger les générations futures. Le fond vert qui a déjà été divisé par trois depuis sa création fait l’objet de nouveaux gels de crédits. Sa revalorisation n’est même pas prévue alors qu’il est l’outil indispensable pour accompagner nos collectivités locales dans la transition écologique. Aucun plus d’investissement massif dans la rénovation thermique n’est envisagé. Ce refus révèle l’absence de volonté politique du bloc central d’engager notre pays à la hauteur de l’urgence climatique. Face à Trump, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir « our planet great again ». Lors de sa réélection il avait gaillardement avancé que son second quinquennat serait « écologique ou ne serait pas ». Il ne l’est pas. Dès lors, quel message adresserions-nous aux Français si nous poursuivons comme si de rien n’était ? Que, malgré nos engagements, malgré les alertes répétées de la science et malgré les catastrophes qui se multiplient, le climat peut encore attendre. Je ne peux m’y résoudre. Parce que la parole publique n’a de valeur que si elle engage. Parce que le socialisme n’a de sens que s’il sait protéger les plus vulnérables, aujourd’hui comme demain. Et parce que je refuse que notre génération soit celle qui aura tout compris, tout annoncé, mais trop peu agi.