Quelles leçons tirer de ces mega feux qui dévorent nos forêts ? Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire de Saint-Médard-en-Jalles (ville évacuée en Gironde) à adressé un courrier aux parlementaires que je relaie ici : « Mesdames et Messieurs les parlementaires, Je vous écris comme maire de Saint-Médard-en-Jalles, commune située au cœur du massif des Landes de Gascogne. Les incendies de l'été 2026 ont profondément marqué notre territoire. Ils ont surtout révélé une réalité qui dépasse l'émotion de l'instant : nous sommes entrés dans une époque où la protection de nos concitoyens exige d'anticiper des risques devenus structurels. Cette lettre ne revient pas sur une crise. Elle vous propose d'en tirer les conséquences politiques. Comme beaucoup d'entre vous ayant exercé des responsabilités locales, je sais que toute crise impose des décisions difficiles. Celle-ci est pourtant d'une nature particulière. Il ne s'agit plus de répondre à un événement exceptionnel, mais d'adapter durablement l'action publique à un monde qui change. Pendant plusieurs jours, il a fallu protéger les plus fragiles, préparer des évacuations, garantir la continuité des services publics et maintenir la confiance de la population. Notre commune a finalement été épargnée. Une démocratie ne peut cependant fonder sa sécurité sur la chance. J'ai vu des sapeurs-pompiers lutter jusqu'à l'épuisement. Deux d'entre eux ont perdu la vie ; plusieurs ont été blessés. J'ai vu les forces de sécurité, les militaires, les agents de l'Office national des forêts, les soignants, les personnels hospitaliers, les agents des collectivités, les bénévoles et les citoyens accomplir leur mission avec un sens remarquable du devoir. J'ai vu aussi l'inquiétude des personnes âgées, des personnes malades, des familles contraintes de quitter leur domicile, et des agriculteurs voyant leur travail menacé. Dans l'épreuve, la fraternité républicaine s'est exprimée avec une force exemplaire. Cette expérience appelle une conclusion simple : nous ne pouvons plus nous contenter de réparer les conséquences des catastrophes. Nous devons organiser la protection du pays avec la même ambition que nos prédécesseurs ont mise à bâtir l'école de la République, la Sécurité sociale ou la décentralisation. Il ne s'agit pas d'ajouter une politique publique à d'autres ; il s'agit de préserver les conditions qui permettent à toutes les autres de remplir leur mission. La République s'est toujours renforcée en élargissant le champ de la protection qu'elle garantit. Au XIXᵉ siècle, elle a garanti les libertés. Au XXᵉ siècle, elle a construit l'État social. Le défi du XXIᵉ siècle est de protéger les conditions mêmes qui rendent ces conquêtes possibles : l'eau, les forêts, les sols, la santé, l'agriculture, les infrastructures, les services publics et les territoires. Cette responsabilité est indissociablement écologique, économique, sociale et républicaine. Le Parlement est l'institution du temps long. Là où les gouvernements répondent à l'urgence, il lui revient de fixer un cap à la Nation. Je vous propose d'engager une loi de programmation pour la protection de la France face aux bouleversements climatiques, fondée sur sept engagements précis : 1/2