— sanctuariser les investissements sur quinze ans, par une trajectoire budgétaire votée et non révisable au gré des alternances, pour sortir la protection climatique de la seule loi de finances annuelle ; — créer un fonds national de résilience territoriale, contractualisé avec chaque collectivité au prorata de son exposition aux risques — incendie, sécheresse, inondation, submersion — pour que les communes les plus vulnérables ne soient pas les plus démunies ; — doubler, à l'horizon 2030, les moyens de la sécurité civile — SDIS, Office national des forêts, flotte aérienne — et donner un statut pérenne aux personnels saisonniers qui portent une part croissante de l'effort ; — bâtir une stratégie nationale de l'eau assortie d'objectifs chiffrés de sobriété, de réutilisation et de protection des nappes, déclinés territoire par territoire ; — rendre obligatoire, avec calendrier et financement dédiés, l'adaptation des établissements recevant du public les plus vulnérables — hôpitaux, écoles, EHPAD ; — orienter le soutien à l'agriculture et à la forêt vers les pratiques et les essences adaptées au climat de demain, et sanctuariser l'effort de recherche correspondant ; — instituer un débat annuel devant le Parlement, chiffres à l'appui, pour évaluer les résultats et corriger la trajectoire si nécessaire. Les maires ne demandent pas que l'État agisse à leur place. Ils demandent que la République se donne les moyens d'assumer les responsabilités nouvelles que les territoires exercent déjà. Donner de la visibilité, de la stabilité et des moyens à l'action publique est aujourd'hui une condition de la protection nationale. Je suis convaincu que cette ambition peut rassembler bien au-delà des clivages politiques. Les catastrophes révèlent les fragilités d'un pays ; elles peuvent aussi révéler sa capacité à se réinventer. Faisons en sorte que l'été 2026 demeure le moment où la France a choisi de préparer l'avenir plutôt que de subir les crises. Préparer le temps long est, au fond, la plus haute mission du Parlement. Je vous prie d'agréer, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, l'expression de ma haute considération. Stéphane Delpeyrat-Vincent Maire de Saint-Médard-en-Jalles