Il faut saluer le courage absolu des pompiers, des militaires, des agriculteurs, de tous ces bénévoles qui sont venus combattre des flammes à plus de 1 000 degrés. Mais il ne suffira plus de dire notre peine ou de louer le courage ! En 2022, après les incendies historiques de Gironde, les ministres se sont déjà déplacés, ont déjà promis de tirer les leçons, déjà annoncé des moyens nouveaux. Quatre ans plus tard, la catastrophe est encore supérieure et les visites d’État ont surtout visé à masquer une improvisation coupable. Ils ont asséché les crédits aux collectivités, divisé par quatre le Fonds vert, reporté l’achat de Canadairs : toutes ces restrictions qui se voulaient économies ont conduit à des pertes estimées à 15 milliards ! Alors qu’est-ce que c’est que ce plan d’urgence annoncé par le gouvernement de 12 millions d’euros pour les collectivités quand l’achat d’un Canadair en vaut 47 et que la seule reconstruction du Porge en coûtera 60 selon son maire ? Il faut reconstruire Le Porge, accompagner les enfants traumatisés, les habitants qui ne savent plus où dormir et qui doivent faire face aux assurances, aider les entreprises sinistrées, leurs employés et toutes les communes touchées. Mais nous ne pourrons reconstruire à l’identique, sauf à se préparer à connaître demain les mêmes conséquences. Il faut désormais mettre un mot sur notre responsabilité : l’habitabilité. La bifurcation écologique doit d’urgence devenir un investissement national. Je propose de créer un grand fonds national et européen, doté de ressources permanentes permettant d’investir sur 20 ou 30 ans dans la diversification des forêts, les sols, la circulation de l’eau, la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations, l’adaptation des villes et la protection des populations. Il faut programmer, planifier ; rien ne se fera en trois mois. Les annonces marketing sans lendemain, ça suffit.