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Olivier Faure

2026-09-08 10:03 original

PISA : nous n’avons pas le droit de nous résigner Les résultats de l’enquête PISA sont un signal d’alarme. Mais ils ne doivent pas être une nouvelle occasion de commenter le déclin de notre École sans jamais agir. Derrière les chiffres, il y a des enfants, des enseignants et une promesse républicaine qui se fragilise. Il n’y a aucune fatalité. Dans les dix prochaines années, la baisse démographique va mécaniquement réduire le nombre d’élèves. La droite y voit une raison de supprimer des postes et de diminuer les moyens. Nous devons faire exactement le contraire. Moins d’élèves, cela doit signifier plus d’attention pour chacun ! Notre objectif doit être simple et assumé : 19 élèves par classe. Cette évolution démographique doit être transformée en opportunité historique pour améliorer les conditions d’apprentissage, redonner du temps aux enseignants et permettre un accompagnement véritablement personnalisé. L’égalité des chances ne peut pas rester un slogan. Elle commence dans une classe où un enseignant a le temps de connaître ses élèves, de repérer leurs difficultés et de les accompagner. Nous devons également faire de la lutte contre le décrochage scolaire une priorité absolue. Cela passe par le développement du tutorat, de l’accompagnement individualisé et de dispositifs permettant d’intervenir avant que les difficultés ne deviennent irréversibles. Nous devons aussi regarder la réalité en face : on ne peut pas demander à l’École et ses enseignants, ATSEM, AESH, de réparer toutes les fractures de notre société sans donner les moyens de les repérer et de les prendre en charge. Il faut donc reconstruire une véritable médecine scolaire et renforcer massivement la présence de psychologues dans les établissements. Détecter un problème de vue, de surdité, de santé mentale ou une difficulté personnelle le plus tôt possible, c’est empêcher qu’un problème de santé ne se transforme en échec scolaire. Surtout, nous devons changer de méthode. Nous avons besoin d’une ambition nationale, inscrite dans la durée. Une véritable loi de programmation pour l’École doit fixer des objectifs clairs, garantir les moyens nécessaires et permettre à l’ensemble de la communauté éducative de se projeter. Il faut avoir le courage de le dire : le premier investissement d’un pays, ce sont ses enfants. Une République qui renonce à donner les mêmes chances à ses enfants renonce, au fond, à ce qui la fait tenir debout. Investir dans l’École, ce n’est pas une dépense. C’est le choix politique de préparer la France de demain.