Le 4 novembre 1995, une balle a tué Yitzhak Rabin. Depuis 31 ans j’ai, affichée chez moi, la Une de Libé sur la cérémonie d’enterrement du Premier Ministre qui partagea le prix Nobel de la paix avec le leader de l’OLP Yasser Arafat et Shimon Peres, alors ministre des affaires étrangères israélien. Mais pour moi, se souvenir de Rabin n’est pas une invitation à la nostalgie. Sa mémoire est un rappel à la responsabilité politique. La paix n’est pas une faiblesse. Et reconnaître les droits de l’autre n’est pas renoncer aux siens. Les gouvernants actuels d’Israël armèrent idéologiquement le bras de Yigal Amir, l’assassin. 31 ans plus tard, ils cherchent encore à rendre impossible toute paix durable. Ne pas oublier Rabin, c’est refuser de considérer cette situation comme une fatalité.