J’éprouve à l’annonce de la disparition de Lionel Jospin une immense émotion et une infinie tristesse. J’avais travaillé pendant des années à ses côtés au sein du Parti socialiste, et l’avais accompagné avec fierté et reconnaissance comme Premier secrétaire alors qu’il gouvernait la France de 1997 à 2002. Lionel Jospin incarnait l’exemplarité en politique. Premier ministre, il avait tenu à respecter scrupuleusement les promesses avancées par la gauche plurielle. Chacun a en mémoire les 35 heures, les emplois jeunes, la CMU et tant d’autres réformes devenues des acquis de notre République. Homme d’État, il a fait preuve d’une conception élevée de l’action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité. Son retrait de la vie politique après le coup de tonnerre du 21 avril 2002 en a été l’illustration la plus convaincante. Socialiste, il avait rejoint François Mitterrand dès les années 1970, convaincu que la gauche avait besoin d’une force centrale pour réussir l’alternance. Il avait, après 1981, durant l’exercice du pouvoir, conjugué la loyauté avec l’éthique et il n’a jamais cessé d’être un homme engagé. Bien plus tard, et jusqu’à récemment, il continuait à exprimer les idées qu’il jugeait pertinentes pour aider sa famille politique. Comme ami, il attendait de ses proches ce qu’il exigeait de lui-même, de la cohérence, de la droiture et de la fidélité. Il ne distinguait pas les principes socialistes sur lesquels ses convictions reposaient des valeurs de la République auxquelles il était farouchement attaché. Au-delà de la gauche qui pleure l’une de ses plus éminentes figures, la France sait qu’un de ses plus grands dirigeants vient de s’éteindre. J’adresse à Sylvianne, son épouse, à Eva, Hugo et Daniel, ses enfants, mes condoléances les plus affectueuses. François Hollande