89 % des aliments que vous mangez sont contaminés au cadmium, véritable poison à retardement. Les Français ont dans l'organisme des taux 3 à 4 fois supérieurs à la moyenne européenne. Chez les enfants de moins de 3 ans, l'exposition dépasse déjà les seuils sanitaires. Et ce métal lourd s'accumule dans les reins, où il reste entre 6 et 38 ans. Le cadmium cause des cancers et des atteintes rénales. Ce n'est pas une fatalité. C'est un choix politique. L'UE fixe un seuil à 60 mg/kg de cadmium dans les engrais. La Finlande et le Danemark sont déjà à moins de 48 mg/kg. L'ANSES recommande 20 mg/kg depuis 2019. La France ? Elle a maintenu une dérogation à 90 mg/kg, protégeant les importateurs d'engrais phosphatés bon marché plutôt que de protéger la santé des Français et d'accompagner les agriculteurs vers des pratiques agroécologiques. Aujourd'hui, mes collègues du groupe Écologiste et Social, Benoît Biteau et Clémentine Autain, portent une proposition de loi pour abaisser ce seuil. Une première étape, mais aussi le signal d'une rupture nécessaire avec un modèle agricole sous perfusion d'engrais importés, dont les prix s'envolent à chaque crise géopolitique et dont la toxicité empoisonne nos assiettes depuis des décennies. Notre santé et notre agriculture ne peuvent plus être sacrifiées sur l'autel de l'inaction.