Allemagne : 6 mois d'avance sur la France ? Berlin : Die Linke 25,7%, AFD 16,3%. Saxe-Anhalt : Die Linke 8,6%, AFD 43,8%. Mecklembourg-Poméranie : Die Linke 6,5%, AFD 38,2%. Voilà la polarisation qui traverse désormais l’Allemagne. Dans la grande métropole multiculturelle, une gauche radicale progresse spectaculairement sur les ruines du SPD. Mais ailleurs, et notamment dans les territoires populaires de l’Est, c’est l’extrême droite qui capte la colère et le rejet des partis traditionnels. Derrière ces résultats, il y a aussi l’épuisement d’un modèle : vingt ans de coalitions gouvernementales dominées par les mêmes grands partis, et désormais la crise d’un modèle industriel et exportateur allemand longtemps présenté comme le grand gagnant de la mondialisation. Peut-on vraiment, à gauche, regarder les résultats des élections allemandes de ces deux dernières semaines et s’en réjouir ? Ou au contraire craindre que ce scénario, cette partition des votes se reproduise en France dans 6 mois ? On a le droit de regarder Berlin et de féliciter les amis de Die Linke. Mais il nous faut surtout regarder tout le reste.