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Gérald DARMANIN

2026-04-12 18:23 original

Après un avis positif du comité social du ministère, après un avis positif du Conseil d’Etat, après son adoption par la commission des lois du Sénat, le projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes » est étudié pendant trois jours en séance publique au Sénat à partir de ce lundi. La raison de ce projet est simple : la France compte désormais 6 000 dossiers criminels en attente. Autant de victimes qui attendent 6 à 8 ans une première réponse de la justice et à qui nous faisons vivre l’enfer. Autant d’accusés qui attendent en détention provisoire sans être jugés ou qui peuvent être libérés pour une partie d’entre eux alors qu’ils représentent un grave danger pour les Français. Derrière ces chiffres, des milliers de femmes et des hommes dont la vie est suspendue à une date d'audience qui n’arrive jamais. Changer les choses, je le sais, est toujours difficile. Évidemment cela pose d’énormes questions et crée beaucoup de réticences. Je le comprends. Depuis 9 ans que je suis ministre, j’ai connu ces réticences profondes au changement : c’était le cas pour l’impôt à la source, c’était le cas quand j’ai organisé la sécurité des JO à Paris, c’était le cas quand j’ai mis en place les prisons de haute sécurité à la suite de la loi narcotrafic. Devant l’énorme enjeu de la modernisation de notre Justice, je suis à l’écoute, ouvert à toutes les propositions constructives. Je salue le travail de la commission des Lois du Sénat qui a déjà substantiellement enrichi le texte. Je soutiens ces améliorations. Nous continuerons de l’enrichir, notamment avec des amendements que je porterai dans la discussion avec les sénateurs : clarification du déroulement de l'audience solennelle de jugement du plaider-coupable criminel, mise en place d’une formation obligatoire pour tous les magistrats ayant à traiter des violences sexistes et sexuelles, mise en place de l’aide juridictionnelle pour les victimes afin d’avoir l’assistance d'un avocat dès le dépôt de plainte, possibilité pour les victimes de suivre le procès en direct sans être présentes si elles le souhaitent, maintien du contrôle judiciaire après un premier jugement (s’il y a eu appel) pour mieux protéger les victimes… Le débat qui s'ouvre est l'occasion d'aller encore plus loin dans l’amélioration de notre justice au service des Français, de tous les justiciables et des victimes. Je sais que ce projet suscite des inquiétudes sincères. Toute réforme en suscite. Mais il y a une inquiétude que personne ne peut ignorer et qui se confronte au réel, concret, de nos concitoyens : celle des victimes qui attendent depuis des années que justice soit rendue. Au nom de l’intérêt général, nous devons les écouter. Tous les efforts seront faits pour trouver, ensemble, un texte d’équilibre au service de la Justice et donc, de la République. https://t.co/21RAAyjlAl