Alors que la mobilisation générale qui s’est déployée commence à venir enfin à bout des incendies d’une violence inédite, nous adressons notre reconnaissance et notre admiration à tous ceux qui ont affronté les flammes aux cours des derniers jours : nos sapeurs-pompiers, nos forces de sécurité et de secours, les milliers d’agriculteurs et de bénévoles venus prêter main forte, souvent au péril de leur santé et de leur vie. Là où la bureaucratie a encore failli, leur engagement, leur courage, leur résilience, leur solidarité, leur dévouement, forcent le respect de la Nation tout entière. Nous pensons aux nombreuses familles qui, dans cet enfer, ont perdu leur maison, leurs terres, leur outil de travail, leur quartier et leur environnement familier, leurs repères de vie, et qui doivent maintenant tout rebâtir. L’État devra être résolument à leurs côtés, sur la durée, pour cette reconstruction. Nous devons l’admettre : ces incendies de grande ampleur risquent de ne plus être des événements exceptionnels. Le dérèglement climatique, les sécheresses et les épisodes de chaleur extrême accroissent considérablement ce danger dans les années à venir. Plus que jamais, nous devons nous préparer à affronter des saisons de feux plus longues, plus fréquentes et plus brutales. Cette nouvelle réalité impose à l’État un devoir impérieux : anticiper, anticiper, et anticiper. Les moyens de lutte contre les incendies, le renouvellement et la disponibilité de la flotte de Canadair, l’innovation technologique dans le repérage des départs de feux et leur extinction, les effectifs de sécurité civile, l’entretien des forêts, la prévention, ne peuvent être pensés dans l’urgence, une fois les premiers hectares partis en fumée. Quant à ceux qui, comme ce fut le cas dans la forêt de Fontainebleau ou dans le Var, déclenchent volontairement ces incendies et mettent en danger des vies, nos forêts et notre patrimoine, la réponse judiciaire doit être à la hauteur, implacable. Devant les grandes menaces qui pèsent sur notre pays, une maxime demeure : gouverner, c’est prévoir.