La question de la perpétuité pour les auteurs de viols en série sur mineurs doit pouvoir être débattue. Ce n'est ni l'alpha ni l'oméga de la politique pénale, et elle ne remplacera jamais la nécessité de prévention. Mais la violence est toujours un choix de l'agresseur, jamais de la victime. 160 000 victimes par an. Un enfant toutes les 3 minutes. Trois enfants par classe. Quant à elle, la victime prend perpétuité. L’application de la perpétuité, c'est à dire une peine de 20/30 ans est une reconnaissance, une réparation pour les victimes et un message de fermeté renvoyé à tous les prédateurs. Seuls 3 % des auteurs de violences sexuelles sur mineurs le sont. Pour l'inceste, c'est à peine 1 %. La première urgence est de mettre fin à cette impunité. Au-delà de la perpétuité, ouvrir une nouvelle ère de la protection de l'enfant implique de revoir tout notre arsenal face à ce fléau des violences sexuelles à l'égard des victimes: Sanctuarisation de la parole de l'enfant / accompagnement des victimes / prévention / formation / moyens pour la justice et la police / sanctions pénales. Ne laissons pas à l’extrême droite le monopole de ce débat ni des propositions sur la protection des enfants. C’est un sujet qui mérite d’être abordé avec sérieux, exigence et dans le respect de l’État de droit.