Merci Emmanuel Macron, on sait qu’il faut boire pendant la canicule. Ces messages de prévention sont nécessaires. Mais martelés seuls, ils dépolitisent un phénomène dont les causes sont éminemment politiques. Oui, cette canicule est le résultat de choix politiques et économiques. Dans un monde qui ne serait pas régenté par un capitalisme et un extractivisme fossile qui crament la planète par tous les bouts, elle n’existerait tout simplement pas. Les dirigeants libéraux qui nous gouvernent depuis des décennies ont amené notre seule et unique planète habitable au bord du gouffre. Alors de grâce, arrêtons de faire comme si la canicule était un épisode d’actualité météo à gérer comme un autre. La canicule n’est pas une histoire de terrasses, de plages ou de glaces. C’est une histoire de domination et de saccage de la planète au profit des plus puissants et des plus riches. Et ce sont les plus pauvres qui en meurent. La responsabilité des politiques qui nous gouvernent, ce n’est pas seulement de faire des appels individuels à la responsabilité qui effacent toute responsabilité politique. Quand on est responsable de dizaines de reculs environnementaux comme l’ont fait les macronistes, il faut l’assumer publiquement. Quand on a divisé par 4 le budget du Fonds vert en 2 ans, il faut l'assumer publiquement. Ça s’appelle le courage politique. Quant à l’adaptation à cette canicule, elle est politique aussi. Entre une ville de droite et une ville de gauche, les différences sont abyssales. À Annecy, la mairie de droite a rendu une plage payante. À Lyon, les musées sont ouverts gratuitement pour que le public profite de la climatisation. À Neuilly, la mairie de droite interdit l'accès à la piscine aux habitant·es d’autres communes. À Paris, tout le monde voit bien la différence entre ce qu’aurait été Rachida Dati et la gauche aujourd’hui. Bref, boire de l’eau et rester au frais est nécessaire pour essayer de survivre à cette canicule. Mais ça n’enlèvera rien à la sévérité des prochaines. Pour les anticiper, il faut : - s’attaquer aux intérêts des lobbies climaticides les plus puissants pour diminuer nos émissions de CO2 - des moyens considérables pour adapter notre pays aux conséquences du réchauffement climatique Soit une politique écologique globale qui marche sur deux jambes. Tout ce qui manque au gouvernement actuel et à sa politique des petits gestes qui sauvent. D’ailleurs, ils ne sauvent déjà pas tout le monde. Et ils ne nous sauveront pas éternellement.