« Grosse salope. » Voilà comment le président de la FDSEA de l'Oise vient de me qualifier. C'est ce que vivent tant de femmes au quotidien en France. Insulter les femmes avec des propos sexistes est tellement normalisé dans notre pays qu'on peut dire "grosse salope" à une candidate à la présidentielle. Dans le plus grand des calmes. Et ce n'est pas plus grave parce que c'est moi. C'est grave à chaque fois. salope nom féminin 1. Péjoratif, vieux. Femme, fille très sale. 2. Vulgaire, injurieux. Femme dévergondée ; femme qui agit d'une manière déloyale, qu'on méprise. (Larousse) Mais pourquoi cette insulte est-elle la plus utilisée par les hommes dans le harcèlement public envers les femmes ? Parce qu'il ne faut pas seulement les intimider et les faire taire. Les insultes doivent aussi les dégrader sexuellement et moralement. Et puis parce que les femmes sont forcément sales et manipulatrices, bien sûr. Personnellement, je ne vois pas le rapport entre un désaccord sur la politique agricole et la définition de ce mot. Car sachez que si je suis qualifiée ainsi, c'est parce que j'ai critiqué le projet de loi d'urgence agricole (la loi Duplomb 2). Et que j'ai demandé un plan d'urgence pour les maraîchers et les arboriculteurs en difficulté à cause des canicules et des récoltes perdues. Mais cette insulte ne déclenche pas la moindre réaction politique ou médiatique. Imaginez si un responsable de n'importe quel syndicat avait qualifié ainsi un dirigeant politique Les chaînes d'info seraient en boucle sur ce sujet. Et le syndicat condamnerait, bien sûr. En tout cas, chez les Écologistes, ça ne passerait évidemment pas, et des sanctions seraient immédiatement demandées. Mais pour un dirigeant de la FDSEA, c'est visiblement ok. La FNSEA va-t-elle condamner ? J'attends des excuses publiques. Sinon, il y aura des poursuites judiciaires. Quoi qu'il en soit, cette manière de s’exprimer en dit beaucoup plus sur l'auteur de ces propos que sur moi. Alors force à toutes les "grosses salopes" et à toutes les "sales connes". On est ensemble. Et on ne se taira pas.