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Marine Tondelier

2026-07-31 21:01 original no longer on X

Ce qui se passe à Ceuta est un drame humain. Des dizaines de milliers de personnes auraient tenté de rejoindre l'enclave espagnole ces derniers jours. Les chiffres évoluent encore fortement et devront être établis avec rigueur. On parlait hier de 1500 personnes, aujourd’hui de 60 000 dont 25 000 ont rejoint le Maroc. Une réalité ne souffre d'aucune contestation : des dizaines de personnes sont mortes et le bilan va s’alourdir. Comme souvent, avant même que l'on comprenne ce qui s'est passé, les instrumentalisations ont commencé. Les mêmes images servent déjà à alimenter les fantasmes de "submersion", à régler des comptes politiques. Le ministre de l’Intérieur court après les injonction de Marine Le Pen avant même d’avoir eu un mot sur la crise humanitaire qui se déroule à Ceuta. Et à force de commenter les chiffres, on ne regarde plus les visages. Ces images diffusées en continu sur les écrans montrent une jeunesse marocaine qui ne voit plus d'avenir. Une génération confrontée à un chômage massif, à une précarité grandissante et à un profond sentiment d'abandon. 1 jeune sur 3 n’’a ni emploi ni formation. 1 jeune sur 3 est desespéré. Cette génération, la GenZ, est descendue dans la rue ces derniers mois pour dénoncer les inégalités et l'absence de perspectives. Quand des milliers de jeunes choisissent de risquer leur vie en mer plutôt que de rester, ce n'est pas seulement une question migratoire. C'est aussi le symptôme d'un immense désespoir. Cette tragédie révèle également les limites de la politique européenne. Depuis des années, l'Union européenne délègue une partie du contrôle de ses frontières à des États tiers. Lorsque les relations diplomatiques se tendent, ce sont des vies humaines qui deviennent des variables d'ajustement. Notre première responsabilité est d’abord de sauver les vies humaines. L'Union européenne doit mettre en place immédiatement un renfort humanitaire à Ceuta : des équipes médicales, des capacités d'hébergement d'urgence, une protection renforcée pour les mineurs et un soutien aux associations qui interviennent sur place. Mais il faudra aussi sortir d'une logique ancienne qui ne produit que des drames et sert de carburants aux xénophobes. Les Écologistes défendent l'ouverture de voies légales et sûres de migration, une véritable solidarité européenne dans l'accueil des personnes exilées, le respect du droit d'asile, le renforcement des opérations de sauvetage et une politique de co-développement avec les pays d'origine qui investisse dans l'éducation, l'emploi des jeunes et les droits fondamentaux, plutôt que dans la fermeture des frontières. Une politique migratoire digne ne consiste ni à nier les difficultés, ni à attiser les peurs.