geheim.land Recherche Politique
19 décembre 2002 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, Madame la Commissaire, c'est avec grand plaisir que j'interviens à la suite de ma collègue, Françoise Grossetête, car je crois que tous les élus de montagne sont confrontés aux mêmes problèmes et partagent les mêmes analyses en ce qui concerne leurs territoires respectifs. Je vous remercie beaucoup, Madame Schreyer, pour votre intervention qui montre à quel point la Commission s'intéresse aujourd'hui à la problématique des régions de montagne ; nous y sommes très sensibles. Sachez également que nous comptons fermement travailler ensemble afin que nos territoires, qui présentent des handicaps très bien définis, puissent être effectivement défendus. Je vais donc m'attarder sur des points qui complètent ce qui vient d'être exposé. Si nous voulons tous que nos territoires jouissent d'un développement économique qui allie globalement maintien du paysage, maintien d'une agriculture caractéristique d'une région de montagne et développement du tourisme, peut-être est-il nécessaire que la Commission ait une écoute plus fine sur deux ou trois points qui sont absolument vitaux. Je me permettrai de rappeler que la politique de la concurrence, telle qu'elle est actuellement normalisée et réglementée par l'Union européenne, ne peut en aucun cas satisfaire les besoins de ces territoires qui ne vivent pas avec autant de facilités que les autres. Il me semble essentiel, et indispensable, que la législation communautaire de la concurrence soit adaptée en tenant compte des spécificités de nos territoires, et cela afin de réduire ces désavantages économiques et structurels. Il importe également de mettre en place des soutiens économiques et financiers, ainsi que des facilités fiscales de nature structurelle et durable. De telles mesures sont indispensables si nous voulons lutter contre la désertification et le vieillissement de ces territoires car, pour le moment, cette évolution nous semble inexorable. Je souhaiterais aussi insister sur l'importance de la politique environnementale menée par l'Union européenne. C'est peut-être un sujet tabou, mais je souhaiterais que, chaque fois que l'on travaille dans ce domaine, on réfléchisse à l'applicabilité de ces normes conçues pour un tissu urbain, un tissu de plaines qui ne connaît pas des difficultés semblables. En effet, très souvent, lorsque les territoires à handicap géographique se retrouvent contraints d'appliquer cette vision normative, ils sont complètement désemparés. J'ajouterai qu'ils sont véritablement déshérités. Alors, nous espérons vivement que, ensemble, forts d'une vision cohérente, nous pourrons travailler, car, avec l'élargissement, les zones de montagne occuperont une place extrêmement importante. Par ailleurs, il est indispensable que, dans ses travaux, la Convention inscrive notre problématique d'une façon tout à fait spécifique. Il en va de la cohérence et de la cohésion territoriales de l'Union européenne.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2002-12-19_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, Madame la Commissaire, merci pour cette déclaration qui nous montre que la montagne ne sera peut-être plus tout à fait la grande oubliée de la politique européenne. Car jusqu'à présent, malheureusement, la montagne n'a pas souvent fait l'objet de remarques ou de recommandations de notre... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, la montagne se revendique comme un espace de vie économique, social et culturel, mais elle est en quête de reconnaissance et, tout d'abord, la reconnaissance de ses handicaps. La classification des zones de montagne ne peut en effet reposer sur le seul critère de l'altitude. Ainsi, les... Lire ▸