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19 décembre 2002 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, la montagne se revendique comme un espace de vie économique, social et culturel, mais elle est en quête de reconnaissance et, tout d'abord, la reconnaissance de ses handicaps. La classification des zones de montagne ne peut en effet reposer sur le seul critère de l'altitude. Ainsi, les difficultés d'accès, la rudesse du climat, la déclivité sont autant de facteurs dont il faudra également tenir compte. La montagne est aussi en quête de reconnaissance pour la qualité de ses produits. Elle bénéficie effectivement d'une image de qualité qui ne peut cependant être valorisée que si le consommateur peut identifier ses produits. À cet égard, des démarches sont en cours et nous devons les soutenir. La dynamisation de l'économie montagnarde doit prendre en compte le fait qu'elle évolue dans un environnement fragile qu'il faut à la fois conserver et mettre en valeur. L'équilibre est donc difficile à trouver, qui doit être servi par des législations cohérentes. Ce n'est pas le cas à l'heure actuelle. Je pense en particulier aux législations relatives à la mise aux normes des élevages ou des cabanes de berger qui sont impossibles à mettre en œuvre dans certains massifs. Les programmes de conservation, LIFE ou Natura 2000 par exemple, ont également des conséquences néfastes sur les activités économiques. Les espaces de montagne resteront ouverts à la seule condition que tout soit mis en œuvre pour offrir à ceux qui ont choisi d'y vivre des perspectives d'avenir, tout particulièrement aux jeunes. Des politiques de montagne efficaces sont donc nécessaires ; elles seront adaptées à chaque massif et basées sur une gestion concertée entre les élus, les services publics et les professionnels. Ces politiques devront concourir à la compensation des surcoûts de production, au désenclavement, à la diversification des activités, au maintien des services publics, au développement de formations spécialisées et à l'accès aux nouvelles technologies. L'agriculture, le pastoralisme et l'exploitation forestière jouent un rôle essentiel pour la montagne. Ils ne sont pas seulement générateurs de produits de qualité, ils sont aussi les seuls outils qui permettent d'entretenir les sites et de les sécuriser. Pourtant, dans certains massifs, le pastoralisme est remis en cause par la réintroduction d'espèces prédatrices et une mauvaise gestion du développement de leurs populations. Paysages diversifiés, produits de qualité, poumons verts, espèces rares, la montagne est et doit rester plurielle. Nous ne devons en faire ni un sanctuaire ni un désert.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2002-12-19_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, Madame la Commissaire, merci pour cette déclaration qui nous montre que la montagne ne sera peut-être plus tout à fait la grande oubliée de la politique européenne. Car jusqu'à présent, malheureusement, la montagne n'a pas souvent fait l'objet de remarques ou de recommandations de notre... Lire ▸
- Monsieur le Président, Madame la Commissaire, c'est avec grand plaisir que j'interviens à la suite de ma collègue, Françoise Grossetête, car je crois que tous les élus de montagne sont confrontés aux mêmes problèmes et partagent les mêmes analyses en ce qui concerne leurs territoires respectifs. Je vous remercie... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)