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15 janvier 2019 · Assemblée nationale · cr-cdef · commission Séance
Enfin, toute cette organisation est d'autant plus forte qu'elle s'adosse sur une base industrielle et technologique de premier rang mondial, et sans équivalent en Europe. Cela commence par la recherche amont, domaine dans lequel l'ONERA est reconnue pour son excellence. De même, la France compte trois grands industriels du secteur spatial : Thales Alenia Space, Airbus Defence & Space et Ariane Group, qui possèdent une dimension européenne tout en ayant la plus grande part de leur activité en France. En tout, cela représente 16 000 emplois et 4,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France. Pourtant, ce n'est pas de notre base industrielle et technologique spatiale qu'est venu le grand tournant industriel du secteur dans les dernières années : ce que l'on appelle le New Space. Je ne m'étendrais pas, ici, sur l'analyse de ce mouvement technologique et industriel. Retenons qu'il a une apparence : des milliardaires américains et des fonds d'investissement qui se tournent vers le secteur spatial pour diversifier leur activité et prétendent relancer la conquête spatiale. Ainsi, par exemple, M. Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et première fortune du monde, veut ouvrir l'espace au tourisme ; M. Elon Musk, créateur de Paypal et de Tesla puis de Space X, veut coloniser Mars. Le New Space, cependant, a une réalité : l'application de méthodes industrielles nouvelles pour assembler et utiliser des briques technologiques qui, en soi, n'ont rien de technologies de rupture. Et ce, précisons-le, avec le soutien des autorités publiques américaines : c'est la NASA qui a fourni à Space X les briques du moteur réutilisable qui fait le succès de son lanceur Falcon 9, et les prix facturés par Space X au gouvernement américain pour ses lancements peuvent légitimement être vus comme une subvention à peine déguisée. Dans la mouvance de ces charismatiques acteurs et de leurs ambitieux projets de conquête spatiale, est née aux États-Unis une vague d'innovation dans le secteur spatial, avec les apports du numérique et des techniques de fabrication en série à un secteur industriel qui fonctionnait jusqu'alors en artisanat high-tech. Inévitablement, ce mouvement a pour effet de rebattre les cartes dans le secteur spatial. Pour nos industriels français, c'est une concurrence nouvelle ; non qu'ils se soient endormis sur leurs lauriers, si l'on peut dire, mais force est de constater qu'ils se trouvent pour certains en difficulté.
La source — nosdeputes
↗ http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/18-19/c1819021.asp#P3_69
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Dans le fond, on pourrait nous demander : mais pourquoi travailler sur l'espace ? N'est-ce pas là un luxe, un sujet bien intéressant en soi, mais fort éloigné des nécessités immédiates de notre époque ? Ce serait ignorer combien les services spatiaux sont omniprésents dans nombre d'activités d'importance vitale ‒... Lire ▸
Pour les armées également, les moyens spatiaux ont une importance cruciale pour voir ‒ je pense là à nos moyens spatiaux d'observation de la Terre ‒, pour entendre ‒ pensons à nos moyens de renseignement électromagnétiques ‒ et même pour guider certaines armes et pour transmettre les communications. Lorsque, il y a... Lire ▸
J'en viens à l'état des lieux proprement dit. Comme le disait mon collègue co-rapporteur, nos armées ont d'ores et déjà développé des capacités spatiales complètes et crédibles, dont il nous faut souligner une spécificité : la France, peut-être davantage que d'autres puissances spatiales, a trouvé une organisation... Lire ▸
Nous tenons en revanche à insister sur le caractère très dual de notre secteur spatial de défense. C'est par souci d'efficience que l'organisation actuelle de ce secteur exploite au mieux les synergies entre les acteurs civils et les acteurs militaires de l'espace. Ces synergies sont rendues possibles, d'abord, par... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
Le premier enjeu, en la matière, tient à l'autonomie d'accès à l'espace. Pour mettre des satellites en orbite et défendre nos moyens spatiaux, encore faut-il pouvoir s'en remettre à des lanceurs nationaux ou européens. Or les coûts de lancement par kilo mis en orbite sont aujourd'hui plus élevés pour les lanceurs... Lire ▸
De façon générale, le terme de « New Space » a beau être un label commode pour la communication, il désigne bien une révolution industrielle dont les conséquences ne se limitent pas aux aspects de concurrence industrielle. En effet, il a permis d'abaisser les barrières technologiques qui, jusqu'alors, réservaient... Lire ▸
C'est une double révolution qui s'opère. D'une part, la démocratisation des technologies spatiales ouvre l'espace à un nombre croissant d'acteurs, étatiques ou non ; il peut s'agir d'entreprises privées ou de toutes sortes de réseaux. D'autre part, la miniaturisation des satellites constitue une révolution en soi.... Lire ▸
On peut ainsi s'interroger, par exemple, sur l'objet du X37 américain. Cette navette circule en orbite basse, navigue entre les orbites, largue et récupère des objets, et s'approche d'autres engins orbitaux. Les autorités américaines sont assez silencieuses sur la mission de cet engin ; à écouter certains discours... Lire ▸