C'est une double révolution qui s'opère. D'une part, la démocratisation des technologies spatiales ouvre l'espace à un nombre croissant d'acteurs, étatiques ou non ; il peut s'agir d'entreprises privées ou de toutes sortes de réseaux. D'autre part, la miniaturisation des satellites constitue une révolution en soi. Alors que les satellites étaient traditionnellement des objets de plusieurs mètres, on développe aujourd'hui des engins de petite taille, comme ces cubesats dont une face n'est guère plus grande qu'un de nos smartphones. De tels satellites sont par nature plus difficiles à détecter, et ils ne tarderont pas à devenir furtifs. Ces propriétés peuvent être avantageusement exploitées pour développer des satellites de diverses vocations, pacifiques pour certaines, mais plus militaires ou plus offensives pour d'autres. Ils pourraient ainsi servir à manoeuvrer, à observer, à brouiller voire constituer ce que l'on appelle des « mines de l'espace », c'est-à-dire des satellites porteurs de charges explosives à actionner au contact d'un autre satellite. Certes, de telles actions créent des débris dans l'espace, ce qui accroît les risques de dommages y compris collatéraux ; aucune puissance spatiale n'y a intérêt. Néanmoins, un État qui aurait des moyens d'accès à l'espace sans être pour autant posséder des moyens spatiaux suffisamment développés pour en être très dépendant serait moins vulnérable que de grandes puissances spatiales à la multiplication des débris ; la perspective de voir le nombre de ceux-ci s'accroître ne le retiendrait pas d'agir.
Aussi faut-il bien se l'avouer : l'espace est d'ores et déjà un lieu de confrontation. La militarisation de l'espace n'a d'ailleurs rien de nouveau ; elle a commencé dès le XXe siècle. Le droit international a certes interdit le placement d'armes de destruction massives en orbite, mais il n'a jamais prohibé leur transit dans l'espace. De façon générale, différents satellites ont depuis longtemps un usage militaire.
Ce à quoi nous assistons aujourd'hui est un peu différent : il s'agit d'une arsenalisation de l'espace. Il s'agit de placer dans l'espace des moyens offensifs, des armes. Il peut s'agir de satellites ayant des capacités d'espionnage, de prise de contrôle et autres actes qui ont un caractère militaire. Si le droit international ne les interdit pas, de tels actes n'en constituent pas moins une menace pour notre souveraineté. Il convient donc de réagir.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Nous tenons en revanche à insister sur le caractère très dual de notre secteur spatial de défense. C'est par souci d'efficience que l'organisation actuelle de ce secteur exploite au mieux les synergies entre les acteurs civils et les acteurs militaires de l'espace.
Ces synergies sont rendues possibles, d'abord, par...
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De même, la France compte trois grands...
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Le premier enjeu, en la matière, tient à l'autonomie d'accès à l'espace. Pour mettre des satellites en orbite et défendre nos moyens spatiaux, encore faut-il pouvoir s'en remettre à des lanceurs nationaux ou européens. Or les coûts de lancement par kilo mis en orbite sont aujourd'hui plus élevés pour les lanceurs...
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De façon générale, le terme de « New Space » a beau être un label commode pour la communication, il désigne bien une révolution industrielle dont les conséquences ne se limitent pas aux aspects de concurrence industrielle. En effet, il a permis d'abaisser les barrières technologiques qui, jusqu'alors, réservaient...
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(La prise de parole ci-dessus)
On peut ainsi s'interroger, par exemple, sur l'objet du X37 américain. Cette navette circule en orbite basse, navigue entre les orbites, largue et récupère des objets, et s'approche d'autres engins orbitaux. Les autorités américaines sont assez silencieuses sur la mission de cet engin ; à écouter certains discours...
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J'ajoute que le New Space ouvre également de considérables perspectives de conquête spatiale, qui ne sont plus obligatoirement le fait des États. La conquête de Mars, un établissement permanent sur la Lune, des usines en orbite, des stations-relais dans l'espace, ou l'exploitation de ressources naturelles...
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Toutes ces raisons nous conduisent à plaider en faveur de l'élaboration d'une stratégie spatiale que nous qualifions de réaliste et d'ambitieuse ‒ l'un n'empêche pas l'autre. Les États-Unis sont d'ailleurs en train d'élaborer une stratégie de défense spatiale, et l'aperçu que nous avons eu de leurs réflexions ne...
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