geheim.land Recherche Politique
17 janvier 2019 · Assemblée nationale · cr-transener · commission Séance
Olivier Perot
Je respecte, madame, monsieur, votre témoignage, mais il y en a beaucoup d'autres qui vont dans un sens différent. La réalité n'est pas binaire, loin de là, et notre sondage le montre d'ailleurs, vous avez raison de le souligner. S'agissant de la dimension écologique, le bilan carbone d'une éolienne est environ de six mois : au terme de ce délai, elle a complètement remboursé la production de carbone nécessaire pour l'installer. Je ne comprends donc pas que vous disiez que le bilan carbone n'est pas positif. Quant à la comparaison avec le nucléaire, je la trouve un peu curieuse, car le nucléaire pose tout de même de nombreuses questions de sûreté, de risques, de coûts de démantèlement et de retraitement des déchets, etc., ce qui explique qu'il y ait un fort enjeu de diversification du mix électrique français. Il est un peu étonnant de développer des arguments liés à l'environnement pour défendre le nucléaire. Pour une éolienne, il faut certes une fondation en béton, mais l'empreinte agricole d'une éolienne est, si tant est qu'on puisse la mesurer, proche de zéro puisqu'on peut cultiver au pied d'une éolienne. Par ailleurs, ce béton est démantelable ; le démantèlement des masses de béton a déjà été effectué sur plusieurs sites. Ce n'est pas quelque chose de permanent. La règle de distance est en effet de 500 mètres mais c'est évidemment une distance minimale et non maximale. La distance est aujourd'hui appréciée dans un dossier à la suite d'études d'impact, en fonction de la biodiversité, de l'habitat, etc., et la décision est prise in fine par le préfet. Les textes réglementaires sont clairs à ce sujet : la distance des habitations est appréciée dans le dossier et ne peut en tout état de cause être inférieure à 500 mètres. Cela ne signifie pas que toutes les éoliennes se trouvent à 500 mètres des habitations. Le préfet peut tenir compte de la taille des éoliennes, de la configuration du terrain ; c'est une décision au cas par cas. Des améliorations importantes ont été apportées ou sont en voie de l'être dans l'acoustique. Techniquement, on peut améliorer l'émission acoustique spécifique d'une pale, avec des technologies s'inspirant des ailes d'oiseaux, par le biais d'appendices acoustiques, c'est-à-dire sous forme de peignes. Par ailleurs, les logiciels permettent, en fonction de la vitesse et de l'orientation du vent, de la situation sur le terrain, de brider ou de débrayer la machine dans certaines circonstances de façon à réduire sa puissance acoustique. Ce sont des choses de plus en plus mises en oeuvre sur le terrain. Pour ce qui concerne le balisage, nos propositions vont même un peu au-delà de ce qui a été cité puisque nous promouvons un système qui permettra de maintenir les éoliennes éteintes et de ne les allumer que sur détection de l'arrivée d'un aéronef. Certes, cela n'est pas sans poser des questions et il faut que ce soit instruit par toutes les autorités. Il existe d'autres idées et initiatives. Le chantier national a engagé la mise en relation de tous les acteurs concernés pour travailler sur ces sujets et trouver des solutions satisfaisantes pour toutes les parties. Nous sommes sur une courbe de baisse des coûts. La puissance publique a apporté et continue d'apporter des aides à l'investissement, mais c'est une politique réussie, en ce sens que le résultat est une réduction des coûts au fil du temps. Le but à terme est de se passer de soutien public, à un horizon probablement au-delà de la future PPE, mais pas forcément très au-delà. La facture d'électricité inclut des taxes. La part qui revient à l'éolien, avec le parc actuel, et qui devrait rester constante dans les années à venir en raison de la baisse des coûts de l'éolien, représente pour le consommateur individuel un montant de l'ordre de 12 euros par an, soit un euro par mois. C'est un chiffre qu'il est important d'avoir en tête pour se faire une idée de l'impact de l'éolien sur la facture.
La source — nosdeputes
↗ http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-transener/18-19/c1819012.asp#P4_797
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

David Marchal
Lorsque des associations s'opposent aux projets, cela ne signifie pas pour autant que l'ensemble des citoyens y soit hostile. À l'instar de France Énergie Éolienne, nous faisons régulièrement des sondages sur des sujets relatifs à la transition énergétique et au climat. Quand on pose des questions spécifiques sur... Lire ▸
Jean-Louis Butré
J'ai honte ! La France jouissait d'une totale indépendance énergétique électrique. La France était un très beau pays. Actuellement, nous avons 8 000 éoliennes. Certaines régions, comme les Hauts-de-France, commencent à réaliser la catastrophe qu'est l'éolien. Malgré tout, on nous promet d'en installer deux fois... Lire ▸
Stanislas Reizine
Le balisage et l'« agressivité » du système actuel sont un enjeu très bien identifié. C'est un véritable sujet de préoccupation sur lequel nous souhaitons travailler. La difficulté, c'est qu'il existe des utilisateurs de ce balisage, notamment l'aviation civile et l'armée de l'air. Le ministère doit donc conduire... Lire ▸
Bernadette Kaars
Pour ce qui est de l'accompagnement des élus, faites attention à ne pas les accompagner de trop près : le maire, chez nous, a été condamné par le tribunal correctionnel pour prise illégale d'intérêts dans le projet éolien… Sachez aussi garder vos distances avec nos élus, s'il vous plaît ! S'agissant des retombées... Lire ▸
Olivier Perot
(La prise de parole ci-dessus)
Jean-Louis Butré
Sur le CO2, j'ai entendu un certain nombre d'inexactitudes. L'éolien est une énergie intermittente. Quand on injecte de l'éolien dans le réseau, le rendement dépend du vent. Quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas d'électricité. Il faut donc des moyens de substitution. Il ne s'agit donc pas uniquement de regarder... Lire ▸
Vous parlez de décret et d'autres dispositions, c'est précisément le genre de décision qui sera prise à l'issue de ce rapport. Si nous avons souhaité recevoir des représentants des associations défavorables aux éoliennes, c'est justement pour prendre en considération tous les points de vue.
David Marchal
Il faisait clairement partie de nos missions d'évaluer l'impact environnemental des différentes technologies. Nous avons réalisé l'analyse de cycle de vie du parc éolien français, en prenant en considération les spécificités du parc et les machines installées. L'analyse de cycle de vie consiste à rapporter tout... Lire ▸
Olivier Perot
Il y a dans ce que j'ai entendu une grosse incompréhension, me semble-t-il, s'agissant de la place des moyens carbonés dans les systèmes électriques. L'Allemagne et la France ont des histoires et des mentalités très différentes relativement à leurs systèmes électriques. L'Allemagne a décidé, dans sa transition... Lire ▸