Stanislas Reizine
Le balisage et l'« agressivité » du système actuel sont un enjeu très bien identifié. C'est un véritable sujet de préoccupation sur lequel nous souhaitons travailler. La difficulté, c'est qu'il existe des utilisateurs de ce balisage, notamment l'aviation civile et l'armée de l'air. Le ministère doit donc conduire un travail d'équilibriste pour essayer d'alléger les nuisances tout en prenant en considération les impératifs de sûreté et de sécurité nationales liées au trafic aérien et aux vols à basse altitude.
Nous essayons d'adopter une approche graduée. Il a été publié un décret, j'en ai un peu parlé, qui rendra la signalisation de certaines éoliennes fixe et non plus clignotante. Pour les autres, nous allons nous efforcer de synchroniser le balisage pour qu'elles clignotent de manière plus homogène. Nous travaillerons aussi sur les couleurs et les intensités. Ce groupe de travail essaye de pousser le balisage circonstancié, autrement dit de faire en sorte que les éoliennes clignotent seulement lorsque les pilotes en ont besoin et restent éteintes lorsqu'il n'y a personne. Nous souhaitons sincèrement progresser. La marge de progrès est importante grâce aux innovations technologiques qu'il est possible d'intégrer. C'est un sujet bien identifié, traité, qui avance toutefois un peu plus lentement que ce qu'on pourrait espérer en raison des besoins bien réels de certains utilisateurs.
La planification territoriale est également pour nous un enjeu réel, qui est compliqué. L'approche retenue est de mettre à profit les documents d'urbanisme existants (SRADDET, PLU, etc.). Nous publierons des guides pour expliquer aux collectivités comment utiliser ces documents si elles souhaitent aider l'éolien ou, à l'inverse, préserver certains secteurs. Mais l'introduction d'un nouvel échelon dans ce qu'une bonne part des utilisateurs considère comme un mille-feuille assez incompréhensible, ne nous paraît pas des plus opportunes ; mieux vaut utiliser les dispositifs existants, quitte à les améliorer. Le fait que la région Hauts-de-France se mobilise aujourd'hui contre l'éolien est un signal fort qu'il nous faut, me semble-t-il, tous intégrer. Si le dispositif des ZDE a été supprimé par le Parlement, c'est qu'il ne fonctionnait pas très bien. Plutôt que de rajouter une surcouche, il faut améliorer ce qui existe, et mieux planifier.
S'agissant du mix cible et de la compétitivité de la filière, l'éolien coûte entre 60 et 70 euros par mégawattheure sur nos appels d'offres ; il n'est pas encore en état de se développer sans subventions – le prix de l'électricité tourne autour de 55 euros par mégawattheure. On n'en est pas très loin, on n'y est pas encore, mais on est sur une courbe descendante.
Pour ce qui est du risque lié à l'évolution du tarif de l'électricité, des analyses d'impact seront rendues publiques dans le cadre de la PPE. Comme je le disais, le tarif de l'éolien se rapproche de plus en plus du prix de marché. Le tarif du photovoltaïque au sol, qui pose d'autres problèmes d'acceptabilité, est déjà, pour certains projets, sous les prix de marché. Nous commençons à avoir des filières très compétitives, ce qui fait que nous pouvons faire plus d'ENR pour beaucoup moins cher que par le passé. L'augmentation des coûts, comme celle des subventions, sera documentée ; elle est d'un ordre de grandeur qui paraît aujourd'hui acceptable au Gouvernement. Mais il n'est pas question d'un doublement.
S'agissant de l'activité sociale des projets, je confirme que la participation des collectivités et des riverains est un sujet sur lequel nous souhaitons également avancer. Nous avons introduit pour la première fois il y a quelques mois dans les appels d'offres un bonus pour les projets avec participation citoyenne, bonus différencié selon qu'il s'agit de simples prêts ou d'une réelle participation dans la gouvernance. Tous les parcs éoliens qui ont réussi à attirer d'autres acteurs que des institutionnels bénéficient donc d'un bonus.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Il est intéressant que l'audition rende compte des deux points de vue que les élus rencontrent dans la population. Dans ma circonscription, certains projets sont complètement bloqués et la population s'est crispée, parce que les installations n'ont pas été préparées suffisamment en amont. En revanche, une autre...
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Nous avons beaucoup progressé sur la question du coût, mais aussi sur celle de l'acceptation sociale des projets. Peut-être est-ce lié à la création, dans la loi de transition, des financements participatifs qui permettent à tout un chacun de s'approprier le projet en y adhérant, dès son début, et de le suivre....
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David Marchal
Lorsque des associations s'opposent aux projets, cela ne signifie pas pour autant que l'ensemble des citoyens y soit hostile. À l'instar de France Énergie Éolienne, nous faisons régulièrement des sondages sur des sujets relatifs à la transition énergétique et au climat. Quand on pose des questions spécifiques sur...
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Jean-Louis Butré
J'ai honte ! La France jouissait d'une totale indépendance énergétique électrique. La France était un très beau pays. Actuellement, nous avons 8 000 éoliennes. Certaines régions, comme les Hauts-de-France, commencent à réaliser la catastrophe qu'est l'éolien. Malgré tout, on nous promet d'en installer deux fois...
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Stanislas Reizine
(La prise de parole ci-dessus)
Bernadette Kaars
Pour ce qui est de l'accompagnement des élus, faites attention à ne pas les accompagner de trop près : le maire, chez nous, a été condamné par le tribunal correctionnel pour prise illégale d'intérêts dans le projet éolien… Sachez aussi garder vos distances avec nos élus, s'il vous plaît !
S'agissant des retombées...
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Olivier Perot
Je respecte, madame, monsieur, votre témoignage, mais il y en a beaucoup d'autres qui vont dans un sens différent. La réalité n'est pas binaire, loin de là, et notre sondage le montre d'ailleurs, vous avez raison de le souligner.
S'agissant de la dimension écologique, le bilan carbone d'une éolienne est environ de...
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Jean-Louis Butré
Sur le CO2, j'ai entendu un certain nombre d'inexactitudes. L'éolien est une énergie intermittente. Quand on injecte de l'éolien dans le réseau, le rendement dépend du vent. Quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas d'électricité. Il faut donc des moyens de substitution. Il ne s'agit donc pas uniquement de regarder...
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Vous parlez de décret et d'autres dispositions, c'est précisément le genre de décision qui sera prise à l'issue de ce rapport. Si nous avons souhaité recevoir des représentants des associations défavorables aux éoliennes, c'est justement pour prendre en considération tous les points de vue.