Jean-Louis Butré
J'ai honte ! La France jouissait d'une totale indépendance énergétique électrique. La France était un très beau pays. Actuellement, nous avons 8 000 éoliennes. Certaines régions, comme les Hauts-de-France, commencent à réaliser la catastrophe qu'est l'éolien. Malgré tout, on nous promet d'en installer deux fois plus ! Tout ce que j'entends, c'est une cuisine : on va donner un petit plus de taxes ici, acheter un petit peu plus là. Il faut savoir ce que l'on veut. S'il faut réduire le nucléaire, pourquoi pas ? Mais quel est l'avantage ? Et à supposer qu'il y en ait un, pourquoi passer de 75 à 50 % de nucléaire dans la production d'électricité ? Il faudrait tout arrêter, dans ce cas. À titre documentaire, sachez que j'ai commencé ma carrière dans le nucléaire – je suis peut-être le seul parmi vous à avoir vécu quatre ans dans des centrales –, j'ai été ensuite directeur d'un site Seveso, puis président-directeur général d'une société pharmaceutique, enfin président d'une filiale de l'Institut français du pétrole. J'avais une vision économique de la France. Or ce que je vois actuellement, ce sont des affairistes, des sociétés qui sont en train d'implanter des dizaines de milliers d'éoliennes provenant d'Allemagne et du Danemark, tout simplement parce que c'est subventionné. Puisqu'on me dit que l'éolien est compétitif, commençons par supprimer tous les tarifs bonifiés, toutes les subventions et aides dont l'éolien profite depuis 2001 !
Qui plus est, on se moque des citoyens en leur disant que des mesures ont été prises. Par exemple, en 2005, les éoliennes faisaient environ 120 mètres de haut. Aujourd'hui, celles que l'on installe dans l'Yonne font 250 mètres. Or la distance de protection des habitations a été maintenue à 500 mètres. Les promoteurs éoliens, parce que cela rognerait leur business, ont toujours refusé de l'augmenter. C'est absolument honteux pour les citoyens !
On parle d'écologie, mais je voudrais rappeler que le pied d'une éolienne est constitué de 2 500 tonnes de béton. Une fois que le parc aura triplé, cela signifiera que vous aurez coulé 50 millions de tonnes de béton dans le sol de la France… Pour vous donner un ordre d'idée : si l'on chargeait des camions toupies avec 50 millions de tonnes de béton, cela correspondrait au tour de la Terre ! Par comparaison, les éoliennes nécessitent dix à quinze fois plus de béton au térawattheure que le nucléaire, sites de La Hague et de Bure compris.
L'argument massue est le climat qu'on veut sauver. Mais les bilans réalisés par tous les gens scientifiquement honnêtes montrent que l'éolien ne réduit pas d'un gramme les émissions de gaz à effets de serre. L'argument ne tient pas ! La campagne « Sauvons le climat » de l'organisation internationale Greenpeace, avec ses 3 millions de signatures bidon, est d'ailleurs complètement manipulée. Où allons-nous ? Est-ce votre vision de la France, une France qui aura 25 000 ou 30 000 éoliennes ? Plus aucun petit village n'y échappera : les gens se baladeront au milieu des éoliennes, mais peut-être finiront-ils par s'y faire ! Ou voulez-vous une France qui aura un peu préservé sa nature et qui essaie de retrouver une certaine écologie ? J'ai vécu la destruction du bocage. On l'a détruit, on l'a couvert de champs de maïs qui pompent de l'eau, et maintenant d'éoliennes. Si c'est cela l'écologie… L'éolien est en train de tuer l'écologie !
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Si l'État cessait de prélever des taxes et que nous avions demain un accident nucléaire, nul doute que la population en souffrirait autrement plus. L'énergie coûte cher à l'État. Il faut la financer. Nous sommes aussi réunis ce matin pour voir de quelle façon nous pouvons le faire.
S'agissant des nuisances évoquées...
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Il est intéressant que l'audition rende compte des deux points de vue que les élus rencontrent dans la population. Dans ma circonscription, certains projets sont complètement bloqués et la population s'est crispée, parce que les installations n'ont pas été préparées suffisamment en amont. En revanche, une autre...
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Nous avons beaucoup progressé sur la question du coût, mais aussi sur celle de l'acceptation sociale des projets. Peut-être est-ce lié à la création, dans la loi de transition, des financements participatifs qui permettent à tout un chacun de s'approprier le projet en y adhérant, dès son début, et de le suivre....
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David Marchal
Lorsque des associations s'opposent aux projets, cela ne signifie pas pour autant que l'ensemble des citoyens y soit hostile. À l'instar de France Énergie Éolienne, nous faisons régulièrement des sondages sur des sujets relatifs à la transition énergétique et au climat. Quand on pose des questions spécifiques sur...
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Jean-Louis Butré
(La prise de parole ci-dessus)
Stanislas Reizine
Le balisage et l'« agressivité » du système actuel sont un enjeu très bien identifié. C'est un véritable sujet de préoccupation sur lequel nous souhaitons travailler. La difficulté, c'est qu'il existe des utilisateurs de ce balisage, notamment l'aviation civile et l'armée de l'air. Le ministère doit donc conduire...
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Bernadette Kaars
Pour ce qui est de l'accompagnement des élus, faites attention à ne pas les accompagner de trop près : le maire, chez nous, a été condamné par le tribunal correctionnel pour prise illégale d'intérêts dans le projet éolien… Sachez aussi garder vos distances avec nos élus, s'il vous plaît !
S'agissant des retombées...
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Olivier Perot
Je respecte, madame, monsieur, votre témoignage, mais il y en a beaucoup d'autres qui vont dans un sens différent. La réalité n'est pas binaire, loin de là, et notre sondage le montre d'ailleurs, vous avez raison de le souligner.
S'agissant de la dimension écologique, le bilan carbone d'une éolienne est environ de...
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Jean-Louis Butré
Sur le CO2, j'ai entendu un certain nombre d'inexactitudes. L'éolien est une énergie intermittente. Quand on injecte de l'éolien dans le réseau, le rendement dépend du vent. Quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas d'électricité. Il faut donc des moyens de substitution. Il ne s'agit donc pas uniquement de regarder...
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