Madame la présidente, mesdames, monsieur les ministres, mes chers collègues, l’histoire financière de notre pays est riche d’enseignements, à condition que l’on prenne le temps de la regarder sans complaisance.
Cette histoire nous rappelle notamment que la responsabilité budgétaire est parfois jugée moins à l’aune des faits qu’à celle des rapports de force. Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII, en fit l’amère expérience.
À la sortie de la guerre de Cent Ans, alors que l’État était au bord de la banqueroute, sa monnaie instable et ses recettes fiscales mal structurées, c’est Jacques Cœur qui permit à la monarchie de retrouver sa solvabilité, de financer une armée permanente et de restaurer l’autorité du roi.
Pourtant, il fut condamné pour de prétendues malversations financières, au terme d’un procès profondément inéquitable, où l’on confondit sa réussite personnelle avec une faute politique et où l’excellence même de sa gestion devint un grief contre lui.
Jacques Cœur fut sanctionné non pour avoir mal géré les finances du royaume, mais pour avoir incarné, trop visiblement sans doute, une réussite devenue politiquement dérangeante.
Ce détour par l’histoire n’a rien d’anecdotique, mes chers collègues : ce qui est arrivé à Jacques Cœur hier arrive au Sénat aujourd’hui ! (Rires et exclamations ironiques sur les travées des groupes SER, CRCE-K et GEST.)
Oui, mes chers collègues, un mauvais procès a été intenté à notre assemblée.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la présidente, mesdames, monsieur les ministres, mes chers collègues, pour la deuxième année consécutive, nous avons recours à une procédure que les rédacteurs de notre Constitution avaient imaginée devoir être exceptionnelle.
Notre régime parlementaire rationalisé est censé reposer sur un bicamérisme...
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Hors sujet !
Nous avions cru, cette année, percevoir un changement de stratégie : peut-être, en se transformant en gauche de gouvernement, ces partis auraient-ils pu convaincre les Français de les soutenir en 2027. Mais cette mue annoncée ne s’est pas concrétisée, et l’approche des élections municipales a visiblement fait...
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La parole est à Mme Christine Lavarde. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
(La prise de parole ci-dessus)
À la droite sénatoriale, plutôt !
On a fait porter au Sénat la responsabilité d’un déficit public porté à 5,3 % du PIB, alors même que les faits, les chiffres et la chronologie des décisions racontent une tout autre histoire.
Ah, enfin la vérité ! (Sourires sur les travées du groupe SER.)
Ce procès a encore été instruit cet après-midi, à l’Assemblée nationale, par le Premier ministre, qui y a accusé le Sénat de souffrir d’un certain « jetlag »… Le Sénat, mesdames, monsieur les ministres, n’est pas en décalage horaire : il est à l’heure des comptes ! Le Sénat n’est pas une chambre de seconde zone,...
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