Madame la ministre, comme l’a rappelé Agnès Evren à l’instant, le vol survenu au musée du Louvre le 19 octobre dernier a été un choc. Il a touché un lieu emblématique, mais, surtout, il a mis en lumière une fragilité plus profonde, plus structurelle, qui dépasse largement le seul cas de ce grand établissement national.
Très rapidement, la commission de la culture du Sénat a engagé une série d’auditions. Nous l’avons fait sans concession, sans esprit de polémique, mais avec une conviction simple : comprendre pour éviter que cela ne se reproduise. Ces auditions nous conduisent aujourd’hui à dresser un constat clair et assez sévère : les infrastructures de sécurité n’étaient pas à la hauteur du patrimoine détenu par le Louvre, du fait d’un réseau obsolète de vidéosurveillance, de l’absence de vidéos périphériques, d’une gestion saturée des flux, d’une formation insuffisante du personnel de sécurité et même d’une organisation défaillante des postes de commandement et de sécurité.
Ce que le cas du Louvre révèle, ce n’est pas seulement une série de malchances ou un incident fortuit ; c’est un problème structurel. Trop souvent, en effet, la sécurité a été pensée comme un sujet annexe, une contrainte technique, un coût, parfois une variable d’ajustement, rarement comme une composante essentielle de la mission culturelle. La lenteur des responsables du Louvre à élaborer puis à mettre en œuvre le schéma directeur de sûreté montre bien qu’il y a toujours d’autres préoccupations, d’autres priorités. Nos travaux l’ont montré sans ambiguïté : les failles étaient connues, des alertes avaient été formulées, des recommandations existaient, mais elles n’ont pas été suivies d’effets. Cela pose une question de méthode, mais aussi de pilotage.
Cette situation est d’autant plus préoccupante lorsque l’on élargit la focale à l’ensemble des musées français. Si un établissement comme le Louvre a pu se trouver en difficulté, qu’en est-il des autres musées territoriaux, souvent installés dans des bâtiments anciens et disposant de moyens humains et financiers limités ? La sécurité du patrimoine ne peut dépendre de la seule capacité budgétaire des établissements ou des collectivités ; elle doit reposer sur un socle commun qui garantisse à chaque musée un niveau suffisant de protection, quelles que soient sa taille et sa localisation.
Madame la ministre, j’ai donc une question simple, mais exigeante : comment l’État entend-il passer durablement d’une logique de réaction à une logique de prévention et donner à cette ambition les moyens de sa crédibilité ?
Vous avez annoncé en octobre dernier la création d’un fonds de sûreté, qui n’a pas pu être doté des crédits requis lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026. Comment les financements nécessaires, que la commission de la culture du Sénat avait évalués à une trentaine de millions d’euros lors de la rédaction de son amendement au PLF, pourront-ils être dégagés ? Dès lors qu’ils le seront, comment seront-ils répartis entre les musées et les différents territoires ?
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle le débat, organisé à la demande du groupe Les Républicains, sur la sécurité dans les musées.
Je vous rappelle que, dans ce débat, le Gouvernement aura la faculté, s’il le juge nécessaire, de prendre la parole immédiatement après chaque orateur pour une durée de deux minutes ; l’orateur...
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pour le groupe Les Républicains. Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, soutenir le patrimoine, c’est, comme l’affirmait André Malraux, donner à chaque Français « les clés du trésor ». Dans une société profondément fracturée, notamment par les inégalités sociales et territoriales, le...
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Dans la suite du débat, la parole est à M. Laurent Lafon. (M. Bernard Fialaire applaudit.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Marie-Claude Lermytte.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, ce débat arrive après le braquage survenu au musée du Louvre, qui nous laisse tous encore un peu pantois.
Permettez-moi tout d’abord, madame la ministre, de saluer le travail remarquable des agents de sécurité et de l’ensemble du personnel du musée du...
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La parole est à Mme Sabine Drexler. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, en tant que rapporteur pour avis de la commission de la culture sur les crédits du programme « Patrimoines », je me suis longuement penchée, au cours des derniers mois, sur la sûreté de nos musées.
Après la série noire de sept braquages et cambriolages...
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