Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, en tant que rapporteur pour avis de la commission de la culture sur les crédits du programme « Patrimoines », je me suis longuement penchée, au cours des derniers mois, sur la sûreté de nos musées.
Après la série noire de sept braquages et cambriolages survenus sur l’ensemble du territoire depuis le mois d’octobre 2024, et parallèlement aux travaux de la commission sur le musée du Louvre, j’ai auditionné plusieurs responsables d’établissement. Je tire de ces échanges plusieurs conclusions et interrogations.
En premier lieu, il est indiscutable que les musées français sont sous-équipés face aux menaces croissantes qui pèsent sur leur sûreté. Certains sont très exposés, notamment ceux dont les collections abritent des objets faits de métaux précieux ou de joyaux ou encore des porcelaines chinoises, très recherchés par une nouvelle génération de cambrioleurs.
Dans leur ensemble, les infrastructures muséales ne permettent pas de faire face aux nouveaux modes opératoires des criminels, qui se caractérisent par le recours à des outils d’usage courant tels que des disqueuses ou des chalumeaux, par des actions spectaculaires comme le braquage du musée Jacques Chirac de Sarran en octobre dernier ou encore par des cyberattaques, comme celle qui a touché le Muséum national d’histoire naturelle l’été dernier.
Ce sous-équipement s’explique en partie par des raisons techniques : il est en effet difficile d’installer, au sein de bâtiments patrimoniaux, les réseaux nécessaires au fonctionnement d’équipements de pointe, notamment en matière de vidéosurveillance.
Surtout, les établissements, déjà en difficulté pour assurer l’entretien courant de leurs bâtiments, ne disposent tout simplement pas des fonds nécessaires.
Devant ce constat, la commission de la culture avait adopté, sur le projet de loi de finances pour 2026, un amendement visant à abonder de 30 millions d’euros le fonds de sûreté annoncé par Mme la ministre. Si cet abondement n’a pas survécu à la séquence budgétaire, il demeure indispensable que les sommes correspondantes soient déployées dès 2026. L’exemple du fonds de sécurisation des cathédrales montre que d’une grande catastrophe peuvent découler un sursaut et une remise à niveau des infrastructures. Comment le Gouvernement prévoit-il d’alimenter ce fonds de sûreté ?
En second lieu, la série de vols des derniers mois nous montre que les difficultés découlent également de l’absence d’une culture de la sûreté au sein des institutions muséales, qui, en France comme à l’étranger, et à Paris comme dans les territoires, n’ont pas pris la mesure de ces nouvelles menaces.
Le rapport de la Cour des comptes sur le Louvre comme l’enquête administrative de l’inspection générale des affaires culturelles (Igac) ont montré que, plutôt que la remise à niveau de ses équipements, le plus grand musée de France avait priorisé les acquisitions et la médiation, qui constituent effectivement un axe d’action crucial, mais qui ne sont pas suffisantes pour lui permettre d’accomplir sa mission de préservation des collections publiques.
Tirer les leçons des décennies passées, ce n’est pas se condamner à la culpabilité : c’est se donner les moyens d’agir autrement. De fait, face à la recrudescence des vols organisés, face à la fragilité de nos collections, l’inaction n’est plus une option. Nous devons faire de la protection du patrimoine, mission ingrate et moins visible sans doute, un pilier de l’action publique, au même titre que le sont sa valorisation et sa transmission.
En effet, il faut se souvenir que ce patrimoine ne nous appartient pas et que, plus que les héritiers, nous n’en sommes que les dépositaires. C’est à ce titre que nous avons le devoir, aujourd’hui, d’en assurer la protection avec la lucidité, l’ambition et la responsabilité qui ont sans doute manqué par le passé.
Il reviendra au Gouvernement d’y veiller très attentivement dans l’exercice de sa tutelle. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la ministre, comme l’a rappelé Agnès Evren à l’instant, le vol survenu au musée du Louvre le 19 octobre dernier a été un choc. Il a touché un lieu emblématique, mais, surtout, il a mis en lumière une fragilité plus profonde, plus structurelle, qui dépasse largement le seul cas de ce grand établissement...
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La parole est à Mme Marie-Claude Lermytte.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, ce débat arrive après le braquage survenu au musée du Louvre, qui nous laisse tous encore un peu pantois.
Permettez-moi tout d’abord, madame la ministre, de saluer le travail remarquable des agents de sécurité et de l’ensemble du personnel du musée du...
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La parole est à Mme Sabine Drexler. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. François Patriat.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, il me semble que le constat est partagé et que l’ambition est unanime. En conséquence, je vais sans doute répéter ce qui a été dit, mais je tiens à souligner, madame la ministre, que nous sommes tous aujourd’hui à vos côtés pour faire en sorte que les...
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La parole est à Mme Marie-Pierre Monier. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le débat qui nous réunit ce soir, à la demande de nos collègues Les Républicains, vient prolonger les travaux menés au sein de la commission de la culture de la Haute Assemblée à la suite du dramatique cambriolage survenu le 19 octobre au musée du...
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