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6 janvier 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, je remercie le groupe Les Républicains d’avoir proposé un débat sur la sécurité dans les musées. Le braquage spectaculaire du musée du Louvre, en octobre dernier, a marqué les esprits. Ce vol a mis en lumière des lacunes importantes dans les dispositifs de surveillance et la vulnérabilité des œuvres confiées à notre plus grande institution muséale. Il n’est, hélas ! pas un cas isolé. Dans la même période, d’autres établissements ont subi des cambriolages, avec notamment le vol des pépites d’or au Muséum national d’histoire naturelle, des objets précieux détournés au musée national Adrien-Dubouché à Limoges et au musée Jacques Chirac en Corrèze. Si ces délits spectaculaires ne sont pas nombreux, leur anachronisme est frappant. Comment expliquer que, à l’époque de la surveillance généralisée, un stratagème aussi rudimentaire ait pu fonctionner ? Depuis octobre, sous l’impulsion de son président, la commission de la culture s’est saisie avec opiniâtreté de cette question : visite de la galerie d’Apollon et contrôle du système de sécurité, lecture d’un rapport d’audit interne, multiplication des auditions afin de faire la part des responsabilités des uns et des autres. Les éléments que nous avons collectivement réunis sont accablants. Ils illustrent la négligence, par les directions successives, des travaux d’entretien et de mise aux normes, souvent au profit d’aménagements scénographiques en perpétuelle rénovation, sous l’influence du fait du prince. Chacun semble porter une plus grande attention au fait de marquer personnellement l’histoire du musée plutôt qu’à assurer des conditions de travail décentes à ses équipes ou à garantir la protection des œuvres. Au Louvre, la situation est d’autant plus préoccupante que le fait du prince est le fait du Président de la République. Le projet Louvre – Nouvelle Renaissance, annoncé en grande pompe par le chef de l’État voilà un an, a immédiatement fait l’objet d’un concours international d’architecture. Dans le même temps, le plan de sécurité du musée, destiné à la modernisation technique et à la protection des œuvres, reste en sommeil depuis huit ans. Le rapport d’audit interne et les conclusions de la Cour des comptes vont dans le même sens. Évaluée à plus de 1 milliard d’euros, l’opération Louvre – Nouvelle Renaissance est qualifiée par la Cour de « projet porteur de risques financiers significatifs ». Dans un contexte tendu au sein de l’établissement depuis le cambriolage, ce projet est aussi sous le feu des critiques des syndicats, qui dénoncent une dégradation continue des conditions de travail et réclament des moyens pour y remédier. Enfin, le projet d’installer la Joconde dans une salle inondable suscite des interrogations, tout comme l’objectif même de porter le nombre de visiteurs de 9 millions à 12 millions, au point de se demander, madame la ministre, si vous êtes à la tête du ministère de la culture ou de celui du tourisme… (Mme la ministre s’exclame.) L’une de vos prédécesseurs, Roselyne Bachelot, dénonce, elle aussi, cette fuite en avant et le surtourisme, qui, dit-elle, « nous pousse vers l’abîme ». Quelle est la vocation première d’un musée ? Servir de vitrine ? léguer un patrimoine commun ? éduquer à l’art ? Posons-nous des questions de fond. Les besoins pour l’ensemble des sites, musées et monuments historiques en matière de restauration pour la décennie à venir sont estimés à près de 5 milliards d’euros, selon la Cour des comptes. Madame la ministre, alors que le ministère de la culture va être confronté à un mur d’investissements qui ne saurait concerner le seul musée du Louvre, je souhaite savoir comment le Gouvernement entend articuler le projet Louvre – Nouvelle Renaissance avec la nécessaire modernisation des dispositifs de sécurité de l’ensemble des musées placés sous sa tutelle. Les impératifs patrimoniaux et symboliques ne doivent pas faire obstacle à la protection des collections et des visiteurs. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. – Mme Marie-Claude Lermytte et M. Pierre-Alain Roiron applaudissent également.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

ministre de la culture. Je répondrai aux différents orateurs dans mon propos conclusif, mais je veux apporter à ce stade quelques éléments d’information que je n’aborderai pas dans mon intervention finale, notamment pour ce qui concerne le fonds de sûreté et le récolement des œuvres. Vous m’avez posé, monsieur le... Lire ▸
Oui ! C’est un phénomène ancien !
ministre. C’est d’ailleurs ce qui a justifié la création de la mission dont vous avez parlé tout à l’heure. La Missa sera donc renforcée, comme je le préciserai dans mon propos conclusif. Vous avez raison, il faut renforcer les moyens, mais il faut également renforcer la tutelle. Depuis que je suis ministre,... Lire ▸
La parole est à Mme Monique de Marco. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. – M. Pierre-Alain Roiron applaudit également.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
ministre de la culture. Je veux revenir sur le projet Louvre – Nouvelle Renaissance, que vous connaissez bien et que vous avez même évalué. Depuis longtemps, des investissements étaient demandés pour ce musée, notamment pour en améliorer la sûreté et la sécurité. Ce projet intègre le fameux schéma directeur, évalué... Lire ▸
La parole est à M. Bernard Fialaire.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le vol survenu le 19 octobre dernier au musée du Louvre n’est pas seulement un acte criminel spectaculaire. Il est aussi le révélateur d’un dysfonctionnement structurel dans la gestion de la sécurité de nos musées et de notre patrimoine. Les auditions... Lire ▸