Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le vol survenu le 19 octobre dernier au musée du Louvre n’est pas seulement un acte criminel spectaculaire. Il est aussi le révélateur d’un dysfonctionnement structurel dans la gestion de la sécurité de nos musées et de notre patrimoine.
Les auditions menées au sein de la commission de la culture ont mis en exergue une réalité préoccupante : la vulnérabilité du Louvre, l’un des plus grands musées du monde, était connue, des alertes avaient été formulées ; pourtant, les failles documentées n’ont pas été traitées à temps.
Plusieurs constats utiles à l’appréhension du sujet de la sécurité dans les musées peuvent ainsi être dressés. Cet enjeu doit être placé au cœur des priorités stratégiques des musées. Les rapports existaient, parfois depuis plus de dix ans ; un audit avait été réalisé en 2017, suivi par celui de Van Cleef Arpels sur la galerie d’Apollon et par des cartographies des risques. Tous ces documents pointaient des vulnérabilités, notamment face au risque d’intrusion et de vol, mais ils ont malheureusement été mal exploités ou n’ont pas été transmis.
Le schéma directeur des équipements de sûreté, lancé il y a plusieurs années, n’entrera réellement en phase opérationnelle qu’en cette année 2026.
Dans le même temps, des projets d’ampleur, comme le programme Louvre – Nouvelle Renaissance, qui vise à apporter des solutions pérennes aux problèmes structurels, requièrent des moyens considérables. Il est évidemment essentiel de moderniser et de continuer à adapter le Louvre. Cependant, les auditions ont permis de poser une question fondamentale : peut-on engager des projets à 1 milliard d’euros sans avoir, au préalable, sécurisé ce qui existe et évalué précisément les coûts de fonctionnement qui en résultent, comme l’a souligné la Cour des comptes ?
Ce débat dépasse bien entendu le seul cas du Louvre. La France compte plus de 1 200 musées, dont beaucoup relèvent des collectivités territoriales, avec des moyens bien inférieurs à ceux du Louvre. Je rappelle le vol de la couronne de la statue de la Vierge de Fourvière, à Lyon, en 2017. Cette couronne, fabriquée à partir de quatre kilos d’or sertis de près de 4 800 pierres, n’a jamais été retrouvée…
Ce que nous révèle cette affaire, comme d’autres, c’est la nécessité d’élaborer une doctrine nationale en matière de sécurité des musées qui soit plus exigeante et plus contrôlée. Ces événements doivent déclencher une prise de conscience collective. Il nous appartient désormais de tirer toutes les leçons de cet échec, afin de repenser plus efficacement la manière dont l’État protège ses biens les plus précieux.
Madame la ministre, sur votre demande, l’Igac a mené une enquête administrative qui lui a permis d’identifier les mesures à prendre d’urgence. Quel est l’état d’avancement de ses différentes recommandations ?
Comment pouvons-nous exiger des pays qui nous demandent, légitimement, de leur restituer certains biens culturels qu’ils garantissent des conditions de sécurité, si nous ne sommes pas nous-mêmes exemplaires sur ce point ?
Enfin, l’absence d’une gouvernance claire en matière de sécurité est hautement préjudiciable : les auditions ont mis en évidence un fonctionnement en silo, sans autorité clairement identifiée ; les responsabilités sont diluées dans un maillage décisionnel peu lisible.
La délégation sénatoriale à la prospective a entendu un intervenant en enseignement supérieur en design, une discipline négligée qui forme pourtant des professionnels qui savent assembler des compétences différentes pour les élever à une dimension culturelle. Notre société gagnerait à mettre en valeur cette filière insuffisamment représentée dans nos institutions, nos administrations, nos musées, et même au sein de la représentation nationale. Madame la ministre, pouvez-vous valoriser cette filière afin d’enrichir, par ses compétences, toutes nos institutions ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées des groupes GEST et CRCE-K.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, je remercie le groupe Les Républicains d’avoir proposé un débat sur la sécurité dans les musées.
Le braquage spectaculaire du musée du Louvre, en octobre dernier, a marqué les esprits. Ce vol a mis en lumière des lacunes importantes dans les dispositifs...
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La parole est à Mme la ministre.
ministre de la culture. Je veux revenir sur le projet Louvre – Nouvelle Renaissance, que vous connaissez bien et que vous avez même évalué. Depuis longtemps, des investissements étaient demandés pour ce musée, notamment pour en améliorer la sûreté et la sécurité. Ce projet intègre le fameux schéma directeur, évalué...
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La parole est à M. Bernard Fialaire.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Sonia de La Provôté. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le cambriolage du Louvre, le 19 octobre dernier, a été un traumatisme national. C’est un peu de notre identité collective que les voleurs ont emporté dans leur méfait. Passée la sidération, l’événement a suscité de l’incompréhension et de la colère et,...
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La parole est à Mme Béatrice Gosselin. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Laurent Lafon applaudit également.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, la sécurité dans les musées s’impose aujourd’hui comme une exigence incontournable. Pourtant, il faut le reconnaître, elle n’a pas toujours été considérée comme une priorité, en particulier dans les musées de petite ou moyenne taille, souvent implantés...
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