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6 janvier 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le cambriolage du Louvre, le 19 octobre dernier, a été un traumatisme national. C’est un peu de notre identité collective que les voleurs ont emporté dans leur méfait. Passée la sidération, l’événement a suscité de l’incompréhension et de la colère et, avouons-le, une blessure dans notre amour propre, tant le mode opératoire avait l’allure d’un forfait des Pieds Nickelés plutôt que d’une action d’Arsène Lupin… Cependant, au-delà de ces réactions, l’événement doit nous servir de leçon et même d’électrochoc. Dès le lendemain du vol, notre commission, sous la houlette du président Laurent Lafon, a programmé une série d’auditions pour comprendre et agir, afin de prévenir de tels événements. Les conclusions de ces auditions dépassent l’entendement. Ce qui nous apparaissait comme de l’incompétence est en réalité un cocktail d’impréparation, de méconnaissance – voire de déni – des risques et d’un défaut grave d’organisation. Des choix stratégiques incompréhensibles, des audits d’alerte inconnus de la direction ou, au mieux, rangés sur des étagères, des équipements obsolètes : voilà ce que nous avons découvert. Tout cela était confondant, pour ne pas dire consternant ! Si nous ne devions retenir qu’une seule idée de l’ensemble de nos travaux, c’est que tout s’est joué à trente secondes près. Ainsi, selon le chef de l’Igac, Noël Corbin, ce laps de temps aurait permis aux agents de sécurité ou aux policiers d’empêcher la fuite des voleurs. Trente secondes, c’est si peu et pourtant bien trop ; la mise en œuvre de seulement quelques-unes des recommandations issues des audits de 2017 et 2019 aurait suffi à combler cet intervalle de trente secondes. Prenons du recul. Au-delà des anathèmes et de la recherche de responsabilités, le cambriolage du Louvre invite à une réflexion plus large sur la sécurité de l’ensemble de notre patrimoine. Autrement dit, la sécurité n’est pas un enjeu seulement pour les grands monuments et musées nationaux. La vétusté des équipements ne s’observe pas qu’au Louvre. Et la sécurité, ce n’est pas que le vol : il faut élargir le spectre. Notre premier constat, c’est que la sécurité fait figure, en quelque sorte, de parent pauvre dans les choix budgétaires et les arbitrages. J’ajoute d’ailleurs que le vol n’est que l’une des quatre grandes menaces visant les musées, avec l’inondation, l’incendie et la dégradation. Le deuxième constat concerne le vol. Le nombre de faits enregistrés dans les musées n’a pas augmenté dernièrement : on en a comptabilisé environ dix-huit par an entre 2011 et 2024. En revanche, ces actes ont tendance à être plus violents ; il faut en tenir compte. Troisième constat : beaucoup de personnes savaient ; les fragilités et les faiblesses révélées par le cambriolage étaient connues, et pas seulement des experts. Agents d’accueil et de surveillance, conservateurs, médiateurs : tous avaient donné l’alerte. Avant d’être un enjeu technique, voire technologique, la sécurité est une question de ressources humaines. La problématique est donc liée au manque d’effectifs, à l’insuffisance des formations, aux conditions de travail et à la hiérarchie des processus et des organisations. Quatrième et dernier constat : si le Louvre n’a pas eu les moyens de réagir à un tel vol, imaginez ce qu’il en est pour de petites institutions ! Les inégalités territoriales sont flagrantes. Les grands musées ont des moyens humains et financiers importants, mais la sécurité ne peut devenir un luxe réservé à quelques établissements prestigieux ; elle doit être garantie pour l’ensemble des musées. Les collections et objets de grande valeur historique, affective ou vénale sont répartis partout sur notre territoire. Or de nombreux musées locaux, souvent installés dans des bâtiments anciens, parfois classés, peinent à financer des dispositifs adaptés. Le financement de la sécurité est une affaire d’État, quel que soit le statut du responsable. Et qu’en sera-t-il quand les collectivités, qui demeurent les principaux financeurs de la culture, réduiront encore leur participation du fait du gel de leurs dotations ? Madame la ministre, cet événement a mis en lumière une absence de diagnostic, de stratégie, de moyens et de lucidité, voire une naïveté, une négligence et un déni excessifs face à un sujet qui relève de notre capacité à protéger et à respecter notre histoire et notre mémoire collectives. Ces collections, ces lieux nous appartiennent à tous. C’est pour cela que le ministère doit pleinement s’emparer de ce sujet. Quel est le calendrier prévu pour élaborer une feuille de route nationale, concernant tous les musées, dans l’ensemble des territoires, et pour atteindre ces objectifs ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées des groupes GEST et Les Républicains.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

ministre de la culture. Je veux revenir sur le projet Louvre – Nouvelle Renaissance, que vous connaissez bien et que vous avez même évalué. Depuis longtemps, des investissements étaient demandés pour ce musée, notamment pour en améliorer la sûreté et la sécurité. Ce projet intègre le fameux schéma directeur, évalué... Lire ▸
La parole est à M. Bernard Fialaire.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le vol survenu le 19 octobre dernier au musée du Louvre n’est pas seulement un acte criminel spectaculaire. Il est aussi le révélateur d’un dysfonctionnement structurel dans la gestion de la sécurité de nos musées et de notre patrimoine. Les auditions... Lire ▸
La parole est à Mme Sonia de La Provôté. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Béatrice Gosselin. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Laurent Lafon applaudit également.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, la sécurité dans les musées s’impose aujourd’hui comme une exigence incontournable. Pourtant, il faut le reconnaître, elle n’a pas toujours été considérée comme une priorité, en particulier dans les musées de petite ou moyenne taille, souvent implantés... Lire ▸
Très bien !
La parole est à M. Adel Ziane. (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)