ministre de la culture. Madame la sénatrice, vous dites que nous sommes optimistes, mais si nous n’avions pas mis en œuvre le plan Culture et ruralité, personne n’aurait été content. Évidemment, 100 millions d’euros, ce n’est pas assez, tout simplement parce que nous sommes un pays de patrimoine, un écrin patrimonial. Souvent, le bâtiment même du musée est une œuvre d’art. Par conséquent, selon le point de vue d’où l’on se place, 100 millions d’euros, cela peut paraître peu ou beaucoup.
Vous parlez de décentralisation. Rappelons que la compétence culturelle est d’ores et déjà partagée. Que ressort-il, à ce stade, des consultations menées sur le projet à l’étude ? On constate une volonté que cette compétence reste partagée. Nous verrons à quoi nous aboutirons, mais, dans le cadre des concertations, tout le monde formule un tel souhait, et j’y suis moi-même assez favorable.
Comme vous le savez, je suis pour un État fort et non pour un désengagement total de l’État en matière de politiques culturelles publiques. Nous sommes l’un des rares pays en Europe, pour ne pas dire le seul, à mener des politiques culturelles publiques de ce niveau, avec un engagement financier de cette ampleur, même si ce n’est encore pas suffisant.
On ne peut donc qu’espérer la préservation de cette politique culturelle portée par un État fort, aux côtés des collectivités. À mon sens, on ne peut pas à la fois se dire favorable à la réduction des inégalités, ou encore à la démocratie culturelle, et affirmer la nécessité d’une décentralisation, donc d’un désengagement de l’État.
Pour ma part, je préfère le maintien de l’équilibre actuel et de cette compétence partagée. J’ai en effet la conviction que, si l’on veut que nos politiques atteignent toutes les populations, jusqu’aux plus éloignées de la culture, dans les territoires ruraux ou parmi les plus défavorisés de nos concitoyens, le partage de cette compétence est indispensable, car il garantit la démocratisation de l’accès à la culture.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la ministre, si vous me tendez une perche, je suis obligé de la saisir… (Sourires.)
En tant que défenseur de la laïcité, je me dois de vous rappeler que la loi de 1905 réserve les édifices religieux à l’usage exclusif du culte. Par conséquent, dans la mesure où vous n’avez pas obtenu l’accord du clergé...
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La parole est à Mme Ghislaine Senée.
Je souhaite, dans la foulée de mon collègue Pierre Ouzoulias, évoquer les enjeux de décentralisation.
Rappelons que le Premier ministre, depuis sa nomination, ne cesse d’évoquer son intention de procéder à un « grand acte de décentralisation », en promettant plus de clarté, de confiance et de responsabilité...
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La parole est à Mme la ministre.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Ghislaine Senée, pour la réplique.
Les compétences sont partagées, nous le savons tous, mais la question n’en demeure pas moins : quel projet de décentralisation avez-vous pour la culture ? Pouvons-nous espérer de la clarté en la matière ? Tous les acteurs attendent des réponses aujourd’hui. Vous nous dites que nous sommes en phase de concertation,...
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La parole est à Mme la ministre.
ministre. Madame la sénatrice, je ne comprends pas votre interrogation. Vous savez bien comment cet acte de décentralisation est conçu : on discute du partage des compétences, on mène une concertation, et l’on aboutit à des propositions. Vous dites que les acteurs de la culture attendent des réponses, mais à...
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