ministre de la culture. Madame la sénatrice, tous les chiffres contredisent ce que vous venez de dire.
Quand j’ai été nommée ministre de la culture, j’ai indiqué ici même, devant vous, que le pass Culture, notamment sa part individuelle, était plutôt un outil de reproduction sociale. Je l’ai donc réformé pour que les publics qui en ont le plus besoin soient les plus touchés, qu’il s’agisse des jeunes de condition défavorisée, c’est-à-dire les boursiers, des jeunes en situation de handicap – dans ces deux cas, ils bénéficient d’un bonus – ou de ceux qui vivent en zone rurale.
Permettez-moi de vous indiquer quelques chiffres.
La réforme de la part individuelle a eu pour conséquence une hausse du taux de couverture : celui-ci atteint désormais 90 % des jeunes de 18 ans et plus, soit près de 10 % de plus. Le taux de notoriété a également augmenté, notamment chez les jeunes de 15 à 21 ans. La consommation des jeunes a crû de 40 millions d’euros, soit 22 %.
Quid de la diversité des publics ?
D’abord, 10 % des bénéficiaires résident dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ce qui représente une hausse de plus de 25 % par rapport à la moyenne nationale. Par ailleurs, 30,5 % d’entre eux sont en zone rurale, 84 % en outre-mer. C’était l’objectif de cette réforme.
Ces chiffres sont disponibles, madame la sénatrice, et vous pouvez les consulter. Ils rendent compte des effets de la réforme que j’ai engagée l’année dernière.
J’en viens à la diversité des pratiques.
Grâce au pass Culture, 66 % des bénéficiaires ont découvert un lieu. C’est ce que j’ai déjà dit sur la part individuelle comme sur la part collective : souvent, la part collective leur permet un premier accès à un équipement culturel ou à un spectacle. Ainsi, 54 % des jeunes ont découvert une pratique – c’est plus de 52 % en deux ans – et 48 % ont réservé dans au moins trois domaines – c’est plus de 25 % en deux ans.
On ne va tout de même pas se plaindre de cette hausse et de la démocratisation de la culture par le biais du pass Culture, notamment de sa part individuelle.
Dans 38 % des cas, les jeunes achètent des livres ; dans 23 % des cas, ils vont au cinéma ; dans 21 % des cas, ils écoutent de la musique live, notamment en assistant à des spectacles vivants. Cela représente une augmentation de plus de 50 % en un an.
La voilà la réalité !
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
ministre de la culture. Monsieur le sénateur, vous avez raison de soulever ce problème. Toutefois, si l’État maintient son investissement en faveur de la culture, il ne peut pas compenser le désengagement des collectivités.
L’augmentation du budget de la culture à un niveau inédit – il a connu une hausse de plus de...
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La parole est à Mme Sonia de La Provôté.
Madame la ministre, le bilan dressé du pass Culture trois ans après sa généralisation a mis en lumière la faible portée de ce dispositif auprès des publics que nous devons prioritairement atteindre.
Ainsi, la sous-représentation des jeunes issus des milieux populaires ou des territoires ruraux parmi ceux qui...
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La parole est à Mme la ministre.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour la réplique.
La politique culturelle de la jeunesse dans la ruralité ne saurait se résumer au pass Culture…
C’était l’objet de ma première question : comment, en dehors de ce dispositif, développer une politique culturelle à destination de la jeunesse dans la ruralité ? Ce sont toutes les initiatives complémentaires qui nous...
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La parole est à Mme la ministre.
ministre. Les chiffres que je vous donne émanent du rapport de l’inspection générale des affaires culturelles. Comme vous le savez, dès que j’ai été nommée, je me suis appuyée sur ses conclusions pour élaborer la réforme du pass Culture afin de corriger les dysfonctionnements qui y étaient recensés.
Les chiffres du...
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