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9 juillet 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, il nous faut apporter des réponses ambitieuses alliant prévention et accès aux soins à l’épidémie de maladies cardio-neuro-vasculaires et, donc, nous inscrire dans une politique globale de santé. Cette proposition de loi, que nous voterons, offre un premier cadre : elle part d’une intention salutaire, mais sa portée est insuffisante pour que, à elle seule, elle prévoie toutes les mesures pourtant nécessaires. Néanmoins, l’accord trouvé avec l’Assemblée nationale est à saluer, car ce texte devait aboutir. Il devait aboutir, car il y a urgence à agir, même partiellement. Les chiffres l’illustrent : chaque année, ces maladies cardio-neuro-vasculaires sont à l’origine de plus de 1 million d’hospitalisations et de 140 000 décès. Elles représentent ainsi la deuxième cause de mortalité en France. Les facteurs sont connus : hypertension, diabète, cholestérol, tabac, sédentarité. Il ne faut pas oublier l’alimentation, qui aurait dû pouvoir trouver toute sa place dans le texte, comme l’ont prouvé les débats qui ont eu lieu en commission mixte paritaire. La mauvaise alimentation et la nourriture ultratransformée sont des facteurs de risque et de maladie à part entière, et notre stratégie en la matière est encore trop peu ambitieuse. Comme le montrent les travaux que nous avons menés, la prévention et la détection sont insuffisantes : près d’une personne hypertendue sur deux ignore sa situation ; plus d’un diabétique sur cinq n’est pas diagnostiqué. En 2023, 5,5 millions de personnes étaient atteintes de ces pathologies, soit 1 million de personnes de plus qu’en 2015. Nous le savons, en matière de santé, les inégalités sociales, territoriales et de genre jouent un rôle central. Les maladies cardio-neuro-vasculaires touchent davantage les catégories populaires et les Ultramarins. À La Réunion par exemple, l’incidence des AVC atteint 384 pour 100 000 habitants, contre 231 au niveau national. Les femmes sont plus touchées également : en 2023, plus de 72 000 femmes sont décédées d’une maladie cardiovasculaire, contre environ 64 000 hommes. Nous sommes très en retard en matière de prévention. Selon Eurostat, en 2022, l’Allemagne consacrait 450 euros par habitant aux soins préventifs, l’Autriche 410 euros, quand la France en dépensait seulement 186… Ce texte prévoit de systématiser la prévention à des âges clés de la vie et autorise de nouvelles professions de santé à diagnostiquer l’hypertension. Nous soutenons ces mesures qui peuvent contribuer à détecter de manière précoce des maladies et, donc, potentiellement à sauver des vies. Je l’avais rappelé en première lecture, mais cela reste d’actualité : ce texte est aussi à analyser dans le cadre des politiques de santé menées ces dernières années. La primauté donnée aux logiques comptables, le refus d’agir fermement contre les déserts médicaux, comme l’ont montré nos débats d’il y a quelques semaines avec le refus de toute régulation en matière de liberté d’installation, ou encore l’absence d’ambition en matière d’accès à une bonne alimentation ne contribuent pas à la mise en place des actions de prévention nécessaires. Absence de médecins scolaires, démographie médicale incapable de couvrir les besoins sur l’ensemble du territoire, suppression des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), voilà autant de facteurs qui risquent de dévitaliser ce texte. Aussi, si nous soutenons le texte qui nous est soumis, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas faire l’économie d’une réorientation de nos politiques de santé, qui devraient partir des besoins, et non plus être guidées par le souci de faire des économies. Mes chers collègues, nous voterons ce texte issu des travaux de la commission mixte paritaire, car notre priorité est de lutter contre ces morts évitables. Dans le même temps, nous continuerons de nous battre pour reconstruire un système public de santé enfin à la hauteur des besoins, pour imposer une prévention au travail renforcée, avec au cœur de notre ambition la lutte contre les inégalités face à la maladie. Mettre la santé au centre de nos priorités, c’est donner les moyens au service public de fonctionner ; c’est aussi cesser le démantèlement de l’hôpital public et renforcer la médecine de ville, la médecine du travail et la médecine scolaire. J’espère que l’intention qui sous-tend ce texte se concrétisera au travers de mesures beaucoup plus ambitieuses, qui pourraient par exemple être adoptées dans le cadre de futurs débats sur notre système de santé, notamment au moment de l’examen du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale. (Mme Marion Canalès applaudit.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, nous examinons aujourd’hui les conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. Je me réjouis qu’un compromis ait été trouvé... Lire ▸
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Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, toutes les quatre minutes, quelque part en France, une personne est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Toutes les quatre minutes, une vie bascule et, avec elle, celle d’une famille. Derrière ce texte, il y a une réalité qui ne peut plus... Lire ▸
La parole est à Mme Silvana Silvani, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Anne Souyris, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. (Mme Marion Canalès applaudit.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, « rien ne sera possible sans un investissement massif dans la prévention », voici l’alerte qu’a lancée le directeur de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) au sujet de la soutenabilité de notre sécurité sociale et, en conséquence, de la... Lire ▸
La parole est à M. Raphaël Daubet, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Mmes Marion Canalès et Nadia Sollogoub applaudissent.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, les maladies cardio-neuro-vasculaires tuent et coûtent. Pourtant, nous en connaissons parfaitement les facteurs de risque. Ces maladies sont rarement une fatalité biologique ; elles sont le reflet de nos modes de vie et, trop souvent, des inégalités... Lire ▸