Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, « rien ne sera possible sans un investissement massif dans la prévention », voici l’alerte qu’a lancée le directeur de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) au sujet de la soutenabilité de notre sécurité sociale et, en conséquence, de la viabilité de notre pacte social.
Il est nécessaire d’opérer un véritable virage préventif et, pourtant, dans ce domaine, voilà bien longtemps que nous prêchons dans le vide !
Depuis quelques années maintenant, les pouvoirs publics semblent se saisir du sujet. Cependant, les choses n’avancent pas, ou pas assez. Ainsi, alors que l’OMS recommande que 5 % des dépenses de santé soient dédiées à la prévention, la France n’y consacre que 2 % de ses dépenses, soit un retard de trois points.
Cette inaction a un coût, selon l’OCDE : si la France investissait 8 milliards d’euros de plus dans la prévention, elle économiserait 21 milliards d’euros dans le curatif. Je vous laisse réfléchir à ces données, mes chers collègues, à l’approche de l’examen par le Parlement du budget pour 2027 : ces chiffres ne semblent malheureusement pas illustrer ce que l’on appelle communément une bonne gestion des deniers publics.
Fort heureusement, de belles initiatives émergent parfois au Parlement, et celle que nous examinons aujourd’hui en fait partie. Je remercie l’auteur de la proposition de loi, M. Yannick Neuder, d’avoir rédigé et proposé un texte qui est un signal fort en faveur du virage préventif.
Deuxième cause de mortalité en France et première cause de décès chez les femmes, les maladies cardio-neuro-vasculaires constituent un véritable fléau contre lequel il est urgent d’agir. Chaque infarctus évité, chaque AVC prévenu, chaque facteur de risque détecté à temps justifie, à lui seul, cette proposition de loi.
En première lecture au Sénat, l’adoption de différents amendements a permis d’améliorer considérablement la portée du texte. Je me réjouis notamment que mon amendement, qui visait à renforcer la lutte contre les inégalités sociales et territoriales en matière de prévention, de diagnostic et de prise en charge, ait été voté, et que cette mesure ait été conservée dans le texte final.
Pour rappel, seulement 4 % des adultes ayant un niveau d’éducation inférieur au baccalauréat sont en bonne santé cardiovasculaire, contre 21 % des personnes ayant fait des études supérieures.
Je me réjouis également de la prise en compte du lien entre maladies rénales chroniques et maladies cardio-neuro-vasculaires, une cause que j’ai notamment défendue en lien avec l’association Renaloo.
Le travail effectué en commission mixte paritaire a, lui aussi, été fructueux. À l’issue de l’examen du texte au Sénat, par exemple, j’avais regretté le rejet de mon amendement sur la prise en compte des inégalités de genre face à ces maladies. Or, finalement, la mesure figure bel et bien dans le texte issu de ses travaux.
On sait que la prise en charge d’un infarctus chez une femme intervient, en moyenne, trente minutes plus tard que chez un homme et qu’il s’agit de la première cause de mortalité chez les femmes – la probabilité de décès par crise cardiaque est 38 % plus élevée que celle des hommes. Ces chiffres sont un vrai scandale !
Je regrette aussi l’absence de prise en compte explicite des déterminants environnementaux et professionnels de ces maladies, et ce alors que nous sommes confrontés à une multiplication des épisodes de chaleur extrême et que les inégalités d’exposition aux risques environnementaux et professionnels s’accroissent. Quelle erreur fondamentale !
Je déplore également le rejet de mon amendement visant à mieux prendre en compte les déterminants professionnels dans la politique de prévention menée par les employeurs : c’est un comble de mener des actions de prévention au travail, sans évoquer les facteurs de risque qui lui sont associés…
Enfin, je m’étonne de la disparition du dépistage précoce du diabète de type 1, dans un contexte où son incidence, notamment chez les jeunes, augmente et où son diagnostic est posé le plus souvent dans l’urgence.
Malgré ces lacunes et, surtout, malgré le manque de stratégie préventive globale en matière de santé environnementale, le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires votera en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. – Mme Marion Canalès applaudit également.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, toutes les quatre minutes, quelque part en France, une personne est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Toutes les quatre minutes, une vie bascule et, avec elle, celle d’une famille.
Derrière ce texte, il y a une réalité qui ne peut plus...
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La parole est à Mme Silvana Silvani, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, il nous faut apporter des réponses ambitieuses alliant prévention et accès aux soins à l’épidémie de maladies cardio-neuro-vasculaires et, donc, nous inscrire dans une politique globale de santé.
Cette proposition de loi, que nous voterons, offre un...
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La parole est à Mme Anne Souyris, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. (Mme Marion Canalès applaudit.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Raphaël Daubet, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Mmes Marion Canalès et Nadia Sollogoub applaudissent.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, les maladies cardio-neuro-vasculaires tuent et coûtent. Pourtant, nous en connaissons parfaitement les facteurs de risque. Ces maladies sont rarement une fatalité biologique ; elles sont le reflet de nos modes de vie et, trop souvent, des inégalités...
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La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC. – M. Marc Laménie applaudit également.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, par un hasard du calendrier, c’est dans le même pas de temps que sont présentées les conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies...
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