Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, les maladies cardio-neuro-vasculaires tuent et coûtent. Pourtant, nous en connaissons parfaitement les facteurs de risque. Ces maladies sont rarement une fatalité biologique ; elles sont le reflet de nos modes de vie et, trop souvent, des inégalités sociales.
Ces pathologies pèsent lourd : elles coûtent environ 30 milliards d’euros par an à l’assurance maladie. Un seul domaine thérapeutique représente ainsi 15 % du total des dépenses de santé. Et si nous ne faisons rien, la Cnam, dans son dernier rapport dit Charges et produits, lance une alerte : il y aura 4,8 millions de malades chroniques supplémentaires d’ici 2035.
Face à ce mur épidémiologique, l’attentisme est une faute.
Cette proposition de loi va donc dans le bon sens. Elle pose les premiers jalons d’un plan global de prévention, en s’adressant à la population, à chaque âge de la vie. C’est d’ailleurs ce qui manque trop souvent à nos plans de prévention : une stratégie différenciée ciblant toutes les tranches d’âge.
L’enjeu est aussi de décliner la prévention partout sur le terrain : dans les écoles, les entreprises, les maisons de retraite.
Les conclusions de la commission mixte paritaire actent la création d’une stratégie nationale pluriannuelle et décloisonnée, puisqu’elle associera professionnels de santé, chercheurs et administrations, scientifiques et acteurs publics en somme. Les actions de sensibilisation et le dépistage débuteront désormais dès l’école élémentaire, pour ancrer les bons réflexes au plus tôt.
Dans la vie professionnelle, nous ne nous contenterons pas d’orienter vers un hypothétique rendez-vous lors de la visite médicale de mi-carrière : le dépistage précoce sera désormais directement proposé au salarié.
Je salue aussi l’élargissement des pratiques aux pharmaciens et kinésithérapeutes qui seront désormais habilités à mesurer la pression artérielle : une mise en œuvre concrète de l’« aller vers » que le groupe RDSE appelle de ses vœux.
Ce texte s’inscrit donc dans une logique de prévention concrète des maladies cardio-neuro-vasculaires. Néanmoins, la prévention par le dépistage généralisé ne doit ni devenir un marché lucratif, capté par des intérêts privés, ni occulter la nécessité d’alerter et de sensibiliser sur les facteurs de risque externes que sont la consommation d’alcool, le tabagisme et l’alimentation déséquilibrée et a fortiori ultratransformée.
Là encore, en plus de prévenir, nous devons faire reculer l’exposition des populations à ces facteurs de risque communs à de nombreuses maladies chroniques, sachant que les plus défavorisés sont souvent davantage concernés.
Il est temps de briser les résistances : l’alimentation de nos concitoyens, en particulier des plus précaires, est le premier déterminant de leur santé.
De même, nous devons durcir les contrôles sur les ventes de tabac et d’alcool aux mineurs.
Nous portons par ailleurs une attention particulière aux territoires ultramarins, là où la prévalence des maladies cardiovasculaires est très élevée, en tout cas bien plus forte que dans l’Hexagone. Ne les oublions pas.
Au sein du groupe du RDSE, nous tenons cette ligne depuis bien longtemps en matière de santé : nous sommes intimement convaincus que la soutenabilité de notre modèle social réside dans le virage du modèle curatif vers le préventif. Je salue d’ailleurs le rétablissement du rapport évaluant la mise en œuvre de la future loi dans le texte issu des travaux de la commission mixte paritaire. Il nous faut pouvoir évaluer avec précision le nombre de personnes dépistées et, surtout, les véritables économies réalisées.
Nous sommes convaincus que la solution à l’engorgement des hôpitaux réside en partie dans la prévention. De même, nous pensons que la prévention et le « aller vers » permettront d’offrir une meilleure espérance de vie en bonne santé à nos compatriotes.
Parce que ce virage vers le préventif est indispensable, parce qu’il est urgent, parce qu’il est profondément vertueux, le groupe du RDSE votera les conclusions de la commission mixte paritaire. (Mme Marion Canalès et M. Marc Laménie applaudissent.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, il nous faut apporter des réponses ambitieuses alliant prévention et accès aux soins à l’épidémie de maladies cardio-neuro-vasculaires et, donc, nous inscrire dans une politique globale de santé.
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Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, « rien ne sera possible sans un investissement massif dans la prévention », voici l’alerte qu’a lancée le directeur de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) au sujet de la soutenabilité de notre sécurité sociale et, en conséquence, de la...
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La parole est à M. Raphaël Daubet, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Mmes Marion Canalès et Nadia Sollogoub applaudissent.)
(La prise de parole ci-dessus)
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Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, par un hasard du calendrier, c’est dans le même pas de temps que sont présentées les conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies...
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président de la commission des affaires sociales. C’est vrai !
Malgré ces aléas assez déstabilisants, la CMP fut conclusive.
À l’article 1er, le Sénat souhaitait prendre pour base les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) en faisant des avis de cette instance, dont nul ne peut contester la compétence, le référentiel des modalités du dépistage. Malheureusement, ce...
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