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9 juillet 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le texte issu de la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes touche aux principes qui fondent notre justice pénale. Loin de répondre aux difficultés profondes que traverse notre institution judiciaire, il les aggrave. Il fait de la liberté l’exception et de la détention la règle. Il fragilise les droits de la défense. Surtout, il révèle l’obstination du Gouvernement à refuser de traiter les véritables causes de la crise que connaît notre justice : le manque criant de moyens accordés à l’institution judiciaire ! Les chiffres sont pourtant clairs, et les comparaisons édifiantes. La France est l’un des pays européens qui investit le moins dans sa justice : 77 euros par habitant, contre 97 en Espagne, 100 en Italie et 136 en Allemagne. De ce fait, nous avons onze juges professionnels et trois procureurs pour 100 000 habitants, lorsque la moyenne européenne est de dix-huit juges et onze procureurs. Face à ce constat, que fait le Gouvernement ? Au lieu de donner à la justice les moyens dont elle a besoin, il choisit une nouvelle fois de modifier les procédures. Il restreint les droits des justiciables, remet en cause des principes essentiels du procès pénal et refuse d’entendre l’ensemble des professionnels de la justice, qu’il s’agisse des magistrats, des avocats ou des bâtonniers. Tous ces acteurs se sont pourtant massivement mobilisés contre cette réforme. Au lieu d’investir massivement dans la justice, le Gouvernement présente les cours criminelles départementales comme une solution à l’engorgement des juridictions. Nous y voyons au contraire le symptôme d’un renoncement, celui de donner enfin à notre justice les moyens humains et matériels dont elle a besoin. Ne nous y trompons pas : étendre les compétences des cours criminelles départementales, c’est éloigner encore davantage les citoyens d’une justice dont ils attendent au contraire plus de transparence. Nous regrettons d’ailleurs que la commission mixte paritaire ait fait le choix de rétablir l’extension de leurs compétences aux récidivistes, ce que l’Assemblée nationale avait pourtant écarté. Les crimes ne sont pas des infractions comme les autres. Ils doivent donc être jugés dans un cadre solennel, celui d’une cour d’assises, où le peuple concourt à rendre la justice en son nom. Nous refusons qu’une justice criminelle à deux vitesses s’installe, moins protectrice, moins exigeante et, finalement, moins respectueuse des victimes comme des droits de la défense. Nous n’acceptons pas non plus de faire de nos données génétiques une marchandise. Nous ne pouvons pas accepter que nos empreintes, qui relèvent de l’intimité même de chacun, soient exploitées et captées par des acteurs étrangers. Il y va de la protection de nos données personnelles et de la préservation de notre souveraineté. Les justiciables ne devraient pas subir les conséquences du fait que le Gouvernement n’ait pas suffisamment investi dans la justice. Nous ne pouvons pas accepter qu’ils renoncent à leurs droits fondamentaux. Ce n’est pas non plus à l’ensemble des professionnels de la justice qu’il revient de porter le poids de ce manque d’investissement. Au fond, le projet de loi cumule les défauts. D’une part, il ne traite pas les causes de la crise que traverse notre justice. D’autre part, jusqu’à son adoption, son examen a été mené au pas de charge. Une réforme de cette importance aurait mérité du temps, de l’écoute et un véritable débat parlementaire. Il n’y a eu aucun des trois. Madame la ministre, nous ne voulons pas d’une justice au rabais. Nous continuerons à défendre une autre ambition : une justice dotée de moyens à la hauteur de ses missions, sans jamais compromettre les principes fondamentaux qui la gouvernent. C’est pourquoi, sans surprise et fidèles à nos positions, nous nous opposerons à l’adoption des deux textes issus des deux CMP. (Mme Marie-Pierre de La Gontrie applaudit.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Pourtant, je pensais qu’il savourerait la fin du chemin de croix qu’il a vécu tout au long de l’examen de ces deux textes. Il y a un an, avant même, d’ailleurs, tout arbitrage de Matignon, il lançait une vaste opération de communication, vantant la révolution pénale qu’il allait entreprendre avec le projet de loi... Lire ▸
Il faut conclure, ma chère collègue.
Je conclurai en défendant le Sénat, madame la présidente. Car, pour se défausser de sa responsabilité, le garde des sceaux a déclaré à l’Assemblée nationale que c’était de la faute du Sénat. Honnêtement, je trouve cela plutôt – comment le dire poliment ? – osé. Vérification faite, le Sénat n’avait jamais été saisi.... Lire ▸
La parole est à M. Ian Brossat, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky. (M. Guy Benarroche applaudit.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Guy Benarroche, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. (Mme Marie-Pierre de La Gontrie applaudit.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, nous nous retrouvons pour voter sur les conclusions de la commission mixte paritaire d’hier. La justice criminelle de notre pays, sujet majeur s’il en est, n’a pas été traité avec sérieux par ce gouvernement, ni d’ailleurs par les précédents. C’est la... Lire ▸
La parole est à Mme Sophie Briante Guillemont, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le parcours législatif du projet de loi organique et du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes arrive aujourd’hui à son terme. Je le regrette, tant il me semble que le sujet aurait mérité de notre part une deuxième lecture.... Lire ▸