Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le Gouvernement ayant engagé la procédure accélérée sur ces deux textes, nous nous sommes retrouvés, faute d’accord après une lecture par chaque assemblée, devant deux commissions mixtes paritaires, dont les conclusions ne portent que sur les dispositions restant en discussion entre nos deux assemblées.
Or le choix du Gouvernement, avant l’ouverture de la séance publique à l’Assemblée nationale, de renoncer à la procédure du plaider-coupable criminel a évidemment changé la donne.
Cette mesure, que le Sénat avait adoptée le 14 avril dernier, se heurtait à une opposition conjointe des avocats, d’une partie des magistrats et de certains groupes politiques.
Ce retrait a désamorcé l’essentiel des lignes de clivage entre nos deux chambres et a permis à la commission mixte paritaire de se dérouler sur un mode traditionnel, plus technique que politique.
Je retiendrai néanmoins la volonté du législateur de mieux prendre en compte le sort des victimes. Les deux assemblées – cela a été rappelé, et c’est un point important – ont voté l’information systématique des victimes de violences conjugales et des mineurs de 15 ans, dès le dépôt de plainte, sur leur droit à un avocat, dont l’intervention est prise en charge au titre de l’aide juridictionnelle. Dès le commissariat, dès la gendarmerie, la victime ne sera plus seule. C’est un apport.
Sur le fond, quatre points ont été stabilisés.
À l’article 2, nous avons rétabli la compétence des cours criminelles départementales pour juger les crimes commis en état de récidive légale, disposition qui avait été supprimée à l’Assemblée. L’allongement corrélatif du délai de détention provisoire, qui avait également disparu, a lui aussi été réintroduit.
À l’article 3, sur la généalogie génétique à des fins d’investigation, dispositif maintenu par les deux chambres, nous avons supprimé la mention d’un effacement « garanti ». Cette mention transformait une obligation de moyens en une obligation de résultat. C’était impossible à tenir.
À l’article 7, le point de départ du délai de quatre mois pour déposer des conclusions de nullité à l’instruction a été, lui aussi, stabilisé.
Le projet de loi organique a également été modifié : une erreur de renvoi, qui rendait les formations aux violences intrafamiliales et aux violences sexuelles et sexistes inapplicables aux magistrats professionnels, a été corrigée.
Je souhaite enfin évoquer le régime transitoire de détention provisoire des mineurs de plus de 16 ans après mise en accusation, introduit à l’article 2 du projet de loi et dont cet article règle aussi l’application dans le temps.
Comme cela a été rappelé, il s’agit de combler un vide juridique né d’une censure du Conseil constitutionnel de 2025, censure restée sans réponse législative avant l’expiration des délais. Il était temps de le faire. C’est une bonne chose de l’avoir fait.
Si cette disposition, introduite par le Gouvernement, a suscité jusqu’au sein de notre commission mixte paritaire des interrogations, nous avons considéré que le lien, pour indirect qu’il soit, existait bel et bien et que l’absence de base légale exposait à des remises en liberté que personne ici ne pouvait souhaiter. Il faut tout de même rester raisonnable.
Deux sujets n’ont pas été corrigés, faute de proposition en ce sens : le renforcement des pouvoirs du président de la chambre de l’instruction et l’anonymisation systématique des décisions de justice.
Pour le reste, l’équilibre trouvé en première lecture demeure : information systématique des victimes de violences conjugales et des mineurs de 15 ans sur leur droit à un avocat ; droits des proches lors des autopsies judiciaires ; création de psychologues de police judiciaire ; élargissement du vivier des magistrats des cours d’assises et des cours criminelles départementales.
Mes chers collègues, cette version recentrée répond par un compromis pragmatique à un constat que nous partageons tous : l’impérieuse nécessité de réduire l’engorgement des juridictions criminelles et de combattre l’allongement des délais d’audiencement, qui fragilisent la détention provisoire et découragent les victimes.
Le groupe Les Indépendants – République et Territoires votera donc en faveur de ces deux textes. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP, ainsi qu’au banc des commissions.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le parcours législatif du projet de loi organique et du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes arrive aujourd’hui à son terme. Je le regrette, tant il me semble que le sujet aurait mérité de notre part une deuxième lecture....
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La parole est à Mme Olivia Richard, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements au banc de commissions.)
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues – je vous cherche du regard, mais il est vrai qu’il n’y a pas de foule… –, on ne négocie pas un viol : la justice ne doit pas être plus rapide ; elle doit être à la hauteur.
Je m’adresse à la gauche de l’hémicycle, étant donné qu’il n’y a pas grand monde...
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La parole est à M. Louis Vogel, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP, ainsi qu’au banc des commissions.)
(La prise de parole ci-dessus)
Mes chers collègues, avant de passer la main au président Ouzoulias, je tenais, à l’issue de cette dernière séance que j’ai eu l’honneur de présider en tant que vice-présidente – ce mandat prend fin pour moi en septembre prochain –, à vous dire tout le plaisir et le vif intérêt que j’ai eus à présider les séances...
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La parole est à M. David Margueritte, pour le groupe Les Républicains.
Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, nous avions été saisis en avril dernier du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui vient de faire l’objet d’un compromis en CMP.
Cela a été dit, ce texte actait déjà un recul par rapport aux ambitions que le garde des...
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La parole est à Mme Solanges Nadille, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants.